Verso Energy est sur tous les fronts en ce printemps 2025. La concertation sur son usine près de Rouen (Seine-Maritime) vient de se clôturer et celle d'une autre près d'Epinal (Vosges) sera présentée dans quelques semaines. Et en ce moment même, le groupe spécialiste de carburants aériens de synthèse (e-SAF) lance coup sur coup des concertations publiques sur deux autres projets industriels de grande ampleur dans les Landes et en Haute-Vienne. Pour chacune de ces quatre unités de production qui doivent voir le jour à l'horizon 2030, l'investissement dépasse le milliard d'euros.
« Un investissement de 1,4 milliard d'euros, cela ne nous arrive pas tous les jours ! », sourit ainsi Laurent Civel, le président de la communauté du Pays tarusate, qui accueillera, sur les communes de Tartas et Bégaar, le projet ReStart, une de fabrication de e-SAF. Sa particularité ? Elle le fera en mélangeant de l'hydrogène avec le CO2 des fumées de la grande usine de Ryam, spécialisée dans la transformation de pins des Landes en cellulose dite de haute pureté, utilisée dans les produits de beauté, les peintures ou encore les médicaments.
« Cela répond à trois enjeux nationaux : la transition énergétique, l'e-SAF se substituant à des carburants fossiles sans avoir besoin de nouveaux moteurs d'avions, ni de nouvelles infrastructures ; la souveraineté énergétique en réduisant les volumes de carburant importés, et la réindustrialisation », vante Antoine Huard, directeur général de Verso Energy, alors que la concertation se tient sous l'égide de la CNDP jusqu'au 19 juin. Le projet landais projette ainsi d'éviter l'émission de 225 000 tonnes de CO2 par an en réutilisant le CO2 industriel issu du bois pour produire 81 000 tonnes d'e-SAF par an à partir de 2030.