Cdiscount et Geev s'allient autour de la 2e vie des objets

Mikaël Lozano

Photo d'illustration
Cdiscount

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Cdiscount
Plutôt que stocker ou jeter des objets qui n'ont plus d'utilité, Geev propose aux internautes de donner. Les deux pieds dans la "tech for good" - la vraie, pas celle qui se réunit à Paris à l'invitation de l'Elysée - la startup bordelaise fondée par Hakim Baka et Florian Blanc fédère désormais autour d'elle plus d'1,5 million d'utilisateurs dont 60.000 quotidiens. Chaque mois 200.000 annonces sont postées sur la plateforme. Certains l'utilisent pour donner des objets dont ils n'ont plus l'usage ; d'autres sont ravis de les récupérer sans débourser le moindre centime. Alors que les lignes légales bougent fortement sous l'impulsion notamment de la loi anti-gaspillage portée par le gouvernement, les commerçants et e-commerçants regardent justement de près la question du réemploi. Elle aussi basée sur les rives de la Garonne, Cdiscount vient de faire un pas en avant important en ce sens en nouant un partenariat inédit pour un acteur français du e-commerce avec Geev.
La connexion entre la startup de 14 salariés et le mastodonte, n°2 du e-commerce en France derrière Amazon, repose sur une idée simple : lorsque l'internaute commandera par exemple une télévision sur Cdiscount, il se verra proposer de donner celle qu'il possède déjà et qu'il s'apprête à remplacer par l'entremise de Geev. "Les clients poussent de plus en plus pour donner une seconde vie aux objets dont ils n'ont plus besoin, plutôt que de les stocker ou de les vendre. Mais dans les faits, la reprise se fait très peu", résume Hakim Baka. En revanche, la revente a explosé ces dernières années grâce à l'émergence de plateformes telles que Le Bon Coin.
Geev parie donc non seulement sur le côté citoyen et désintéressé de ses utilisateurs mais aussi sur la responsabilité grandissante des opérateurs commerciaux. Quant à Cdiscount, la plateforme travaillait déjà avec Envie sur une typologie de produits très réduite et permettait déjà aux objets retournés ou invendus d'avoir une seconde vie en les confiant à des associations ou des soldeurs. Le don direct via Geev se présente donc comme une offre complémentaire et gratuite.
Le modèle économique de la startup repose aujourd'hui sur la publicité qu'elle héberge sur sa plateforme, mais elle espère bien réussir à monétiser ses services auprès des commerçants et e-commerçants, en fournissant ses briques logicielles mais aussi en proposant aux marques des possibilités de communication permettant davantage d'interactions avec leurs clients et de valorisation de leurs initiatives positives.
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Dans le même temps, les objectifs attendus au lancement de la verticale "dons alimentaires" ont été dépassés plus tôt que prévus. En juillet, Geev continuait dans la veine des échanges démonétisés entre particuliers pour lutter contre le gaspillage en s'ouvrant au don de denrées alimentaires. "La barre des 10.000 dons que nous envisagions pour décembre a été franchie dès octobre, signe que les craintes psychologiques qui auraient pu bloquer puisque l'on parle d'alimentation donc indirectement de santé, ont sauté", estime Hakim Baka. Comme pour les objets, les produits alimentaires sont postés par les utilisateurs sous forme de petites annonces.
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