En mars dernier, la startup bordelaise Obvy a développé et lancé en 48h Clapp.fr, une plateforme de mise en relation pour offrir des services gratuits pendant le confinement. Une initiative solidaire, sans modèle économique, pour cette jeune pousse qui annonce par ailleurs un partenariat avec Banque Casino.Quand la chape du confinement est tombée sur la France mi-mars, de nombreux commerces et entreprises ont vu leur activité être stoppée net. Du côté de l'écosystème numérique bordelais, des dizaines de startups ont mis leurs services à disposition gratuitement. « On a voulu aller un cran plus loin et on a donc développé Clapp.fr pour permettre à tout le monde de prendre soin des autres pendant le confinement. Cette plateforme, qui est un nouveau métier pour nous, a été conçue en 48 heures », se remémore Charles-Henri Gougerot-Duvoisin, le CEO d'Obvy.
Cette startup bordelaise propose d'ordinaire une solution de paiement sécurisée pour les particuliers sur une cinquantaine de plateformes internet pour des transactions allant de un à 200.000 euros. Fondée il y a trois ans avec Stevy Llong-Taï, la jeune pousse emploi onze personnes à plein temps pour un chiffre d'affaires de quelques centaines de milliers d'euros via une commission perçue sur chaque transaction et livraison. Les fonds sont sécurisés dans un coffre-fort virtuel et ne sont débloqués qu'une fois la transaction réalisée dans de bonnes conditions afin d'éviter les arnaques (
f
ausses annonces,
usurpations d'identité, vols d'informations bancaires
ou de numéros de cartes bleues, etc.).
Jusqu'à 600 annonces simultanées
Mais au cours de la seconde quinzaine de mars, Obvy a accusé une chute de 70 % de ses volumes de transaction. « On avait du temps libre et on a décidé de le mettre au service de la communauté, de rendre à l'écosystème ce qu'on a reçu notamment de la part d'Unitec et de la Région Nouvelle-Aquitaine », souligne le dirigeant.
Les équipes ont donc lancé Clapp : une plateforme d'entraide géolocalisée gratuite permettant de proposer des services aux personnels soignants ou tout simplement à ses voisins. Faire des courses, prêter un logement ou un véhicule, donner des cours : la plateforme déployée dans toute la France a enregistré jusqu'à 600 annonces simultanées de services gratuits. Un joli petit succès donc qui, déconfinement oblige, perd de la vitesse. « Nous en sommes à une dizaine de nouvelles annonces par semaine et on devrait débrancher le site prochainement », indiquait Charles-Henri Gougerot-Duvoisin début juillet, assurant que « toutes les données personnelles seront supprimées. On ne récolte rien et on n'utilise rien, il n'y a aucun modèle économique derrière Clapp, si ce n'est de donner quelque chose à la communauté ».