"Mettre un prototype en mer juste pour le plaisir d'observer la technologie en action, ce serait gaspiller de l'argent." Seaturns ne veut pas aller vite. A l'image des propos de son président et fondateur Vincent Tournerie, on peut même penser que l'entreprise est en retard vis-à-vis des startups de l'économie bleue dans leur course à la transition énergétique. En réalité, elle pourrait arriver juste à temps puisque la réflexion technique qu'elle mène a été entreprise il y a sept ans déjà.
C'est en 2015 que Seaturns est fondée à Bordeaux par Vincent Tournerie, la cinquantaine et formé à l'Enseirb Matmeca. Le but : développer un système de production électrique grâce à la force houlomotrice de la mer. Celle de la houle et de son roulis inépuisable. Après deux ans d'études et de questionnement, celui qui est aussi moniteur de plongée trouve la bonne formule, visuelle et technique : un flotteur cylindrique en acier d'une vingtaine de mètres de longueur pour six de diamètre. "Si on fixe le flotteur sur une ligne d'ancrage dans la mer, il va se mettre à osciller" explique Vincent Tournerie, schémas à l'appui. Le cylindre est à moitié rempli d'eau. C'est en oscillant qu'il va exercer une pression sur l'air contenu dans l'autre moitié et actionner une turbine placée sur l'extrémité supérieure. Et l'électricité fut.