Comment les start-up girondines sont devenues des moteurs d'emploi
Maxime Giraudeau, avec Hélène Lerivrain

La promotion 2024 des startups de Nouvelle-Aquitaine sélectionnées dans le cadre du programme NA20.
French Tech
Maxime Giraudeau, avec Hélène Lerivrain

La promotion 2024 des startups de Nouvelle-Aquitaine sélectionnées dans le cadre du programme NA20.
French Tech
« La levée de fonds a longtemps été une finalité pour le modèle start-up, mais ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, elle se fait dans un but précis : conquérir un nouveau marché ou lancer à nouveau produit. C'est un modèle plus vertueux et plus pérenne. » Le constat de Laurent-Pierre Gilliard, directeur prospective de l'incubateur bordelais Unitec, est de plus en plus partagé dans les rangs de l'écosystème start-up. Et il va de pair avec l'affirmation d'un mouvement : les entreprises innovantes sont devenues des machines à emploi.
C'est ce qui ressort de la dernière enquête menée par Unitec auprès des 475 start-up encore actives accompagnées par l'incubateur. En dix ans, le nombre moyen d'emplois par entreprise est passé de 5 à 15. Un essor pas seulement porté par une poignée d'acteurs puisqu'une centaine compte plus de vingt salariés et une quarantaine plus de cinquante. Pour la première fois, des start-up locales du numérique ont même passé la barre des 100 emplois comme la plateforme de stockage entre particuliers Jestocke ou celle de location de vans Yescapa.
Les projets liés aux sciences de l'ingénieur, au hardware et à l'industrie sont évidemment les moteurs de l'embauche. Ils représentent seulement un tiers des entreprises mais la moitié des postes créés. « Ce sont des entreprises où il y a besoin de gens pour porter la croissance. On est loin du modèle imaginaire de la start-up », souligne Laurent-Pierre Gilliard.
Selon un bilan du syndicat du numérique Numeum, les 17.000 start-up françaises actives fin 2023 employaient 423.000 personnes. Soit 25 salariés en moyenne : c'est près de trois fois plus qu'en 2018. « En nombre d'emplois, c'est tout à fait impressionnant », commente Philippe Métayer, directeur général de la French Tech Bordeaux. Certes, les levées de fonds restent abondantes et nécessaires pour recruter mais la ruée technologique laisse place, de plus en plus, à la structuration.
« Il y a eu une phase historique d'innovation où la levée de fonds était prisée, plus facile et très médiatisée. Cette recette de développement des start-up est toujours au goût du jour mais de manière différente, car il y a une contraction du côté des investisseurs. On le voit, les entreprises cherchent davantage à générer du chiffre d'affaires », développe le représentant de la French Tech. Ce qui demande du temps et des moyens humains.
Malgré le contexte économique incertain, seules 15 % des structures accompagnées par Unitec ont procédé à des réductions d'effectif en 2024, quand 30 % ont embauché.
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Le discours de Bordeaux Technowest, qui vient de présenter son bilan 2024, va dans le même sens. Si la technopole fait état de 50 millions d'euros de fonds levés l'année dernière (hors l'opération à 150 millions de The Exploration Company), elle insiste davantage sur les 13 millions d'euros de chiffre d'affaires réalisés par les 91 startups accompagnées ainsi que les 98 emplois créés en 2024. Ces mêmes start-up représentent aujourd'hui 346 emplois. Plus largement, « depuis l'après Covid, c'est-à-dire quatre ans, plus de 500 emplois ont été générés par des entreprises de plus de dix salariés qui sont passées chez nous », souligne François Baffou, directeur général de Bordeaux Technowest. Et de citer quelques noms, parmi lesquels figurent Azur Drones, Lynxdrone ou Nimbl'Bot.
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L'année 2024 en est témoin. Certes, il y a toujours ces projets aux ambitions de licornes qui lèvent des dizaines voire des centaines de millions d'euros pour entrer dans la course technologique. Mais derrière, le mouvement vers l'emploi a infusé dans la tech. Générer des revenus et fidéliser des équipes est devenu essentiel à l'heure où l'accès au financement se tend. Avec 8,1 milliards d'euros collectés l'an passé, les levées de fonds ont connu un recul de -10 % en valeur et -18 % en nombre en 2024 selon le baromètre d'In Extenso Croissance.
Maxime Giraudeau, avec Hélène Lerivrain