Une électricité quasi illimitée, décarbonée, sûre, d'origine nucléaire mais produisant peu de déchets radioactifs à vie longue : voilà qui résoudrait bien des problèmes liés à la transition énergétique. Mais ces propriétés, presque miraculeuses, sont celles de la fusion nucléaire qui reste une technologie extrêmement délicate à maîtriser. Les milliers d'ingénieurs qui travaillent sur le réacteur thermonucléaire expérimental international (Iter), à Cadarache, près de Marseille, en savent quelques chose puisque le développement de ce projet de plusieurs dizaines de milliards d'euros affiche déjà huit ans de retard.
Pas de quoi refroidir l'ardeur de Gauss Fusion qui s'est lancée dans cette aventure industrielle fin 2022. Sa particularité ? Être soutenue par cinq entreprises européennes qui sont autant de fournisseurs stratégiques d'Iter : Bruker et RI (Allemagne), Idom (Espagne), ASG (Italie) et Alsymex (France). De quoi miser dès le départ sur une forte crédibilité industrielle pour cette start-up d'une trentaine de salariés alors que la fusion nucléaire occupe déjà une quarantaine d'entreprises privées dans le monde, dont plus de la moitié aux États-Unis. « Iter est un projet scientifique qui a permis des avancées considérables mais sa gouvernance internationale n'est pas la plus efficace sur le plan opérationnel. Il est temps que les industriels privés prennent le relais en assumant des décisions plus efficaces et rapides mais aussi plus risquées », considère Frédérick Bordry, le directeur technique de Gauss Fusion après 12 ans passés au CERN notamment pour piloter les relations avec Iter.