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Business - La Tribune BordeauxTourisme et loisirs - La Tribune Bordeaux

Covid-19 : les restaurateurs (Umih) attendent que les banques et les assurances jouent le jeu

Jean-Philippe Déjean

Publié le 01 avril 2020 à 12:04 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 00:04

Avec le chômage partiel, les services de l'Etat ont dû traiter des centaines de milliers de dossiers en un temps record.

Avec le chômage partiel, les services de l'Etat ont dû traiter des centaines de milliers de dossiers en un temps record.

© Philippe Wojazer / Reuters

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Après l'article consacré à Marc Vanhove, créateur à Bordeaux du Bistro Régent, ce mardi 31 mars, La Tribune a interrogé Laurent Tournier, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) de la Gironde. Cette union professionnelle, qui regroupe les restaurants, attend tout d'abord que les banques soient au rendez-vous pour accorder les prêts nécessaires à la survie des entreprises. En particulier pour garantir la réussite de cette phase sans précédent de paiements des salaires pour des centaines de milliers d'établissements en chômage partiel.

Président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) en Gironde, qui intègre la restauration, activité qui représente près de 26.000 salariés en Nouvelle-Aquitaine, dont 8.300 sur le territoire girondin, Laurent Tournier fait le point avec La Tribune sur l'évolution des mesures d'accompagnement adoptées par le gouvernement pour soutenir les entreprises.

"Les mesures annoncées par le gouvernement au sujet du chômage partiel se mettent en place petit à petit. Mais il faut bien comprendre que c'est un dispositif qui représente une masse colossale de dossiers à gérer, dont le volume a explosé en seulement quelques jours. Autrement-dit les services de l'Etat ont un peu la tête sous l'eau", recadre tout d'abord Laurent Tournier.

Premier point positif : les 39 heures reconnues

Le président de l'Umih 33 représente toutefois des intérêts catégoriels bien précis et attendait, comme tous les chefs d'entreprises du secteur, une décision jugée comme cruciale : l'application pour les salariés de l'hôtellerie-restauration d'un chômage partiel calculé sur la base de 39 heures hebdomadaire, qui est la base horaire dans ces métiers, et non de 35 heures comme pour le régime général.

Laurent Tournier Umih 33
Photo d'illustration (Crédits : Umih 33)

Laurent Tournier (crédit Umih 33)

"Avec un calcul sur 39 heures nos salariés seront couverts comme les autres, sinon ils y auraient vraiment perdu. Là-dessus tout le monde était d'accord, les syndicats patronaux comme les syndicats de salariés. Le ministère vient juste de nous accorder cette reconnaissance et nous nous en félicitons", relève Laurent Tournier, qui ne tient pas à se montrer plus royaliste que le roi sur le plan des revendications étant donné l'énormité de la tâche à laquelle l'Etat s'est attelé.

Mais l'énorme meccano mis en place dans des délais record par les services de l'Etat ne va tarder à affronter une nouveau palier très sensible, celui du paiement des salaires dans le cadre du chômage partiel.

Les banques devront ouvrir des lignes de crédit...

"Nous sommes encore dans la période des jours de paie. Techniquement c'est une fois que les entreprises auront payé les salaires que l'Etat les remboursera, normalement en douze jours au lieu de trois semaines. Et c'est là que les banques vont avoir un vrai rôle à jouer. Car il faut qu'elles ouvrent des lignes de financement à la hauteur des besoins", prévient Laurent Tournier.

L'Etat a annoncé le déblocage d'un important dispositif financier pour couvrir le risque bancaire. Mais ce n'est pas une baguette magique prévient l'élu de l'Umih.

"Les entreprises peuvent se rapprocher des banques pour obtenir des prêts. Mais les banques n'ont pas d'obligation à prêter, même si elles sont couvertes. Si par exemple j'ai 30.000 euros de salaire à verser, la banque devrait me les prêter. Au bout du compte j'en récupèrerai 93 % via l'Etat, une fois la CSG et autres prélèvements payés", décortique Laurent Tournier.

L'autre grand enjeu de cette période de confinement tient dans la couverture des pertes d'exploitation subies par les entreprises.

... et les assurances prendre des pertes

Et là le scénario ressemble au premier regard à un saut en parachute sans parachute. Parce que dans la majeure partie des cas les assurances n'incluent pas le risque de pandémie pour justifier du remboursement des pertes d'exploitation.

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"Très peu de groupes d'assurance couvrent ce risque de pandémie. Mais dans ce domaine vital pour les entreprises, il n'est pas possible de rester dans une logique du tout ou rien. Les assurances ne pourront pas couvrir 100 % des pertes d'exploitation, car cela représenterait 12 % du PIB. Mais il y a un juste milieu à trouver et j'espère que le gouvernement, le patronat, les syndicats professionnels et de salariés, et les groupes d'assurance puissent trouver un accord. Ce qui implique que, malgré tout, les assurances devront prendre leur part des pertes. Si personnes ne fait rien dans ce domaine c'est simple, les entreprises vont mourir", prévient le président de l'Umih de la Gironde.

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Un enjeu crucial qui pourrait éventuellement être réglé dès cette semaine, veut croire Laurent Tournier. Ce sont là les deux rendez-vous cruciaux retenus par l'Umih. Quant à la question de la TVA ce serait plutôt un combat un peu daté si l'on en croit le président girondin. "C'est un mauvais combat. On parlait de 15 jours de TVA à payer et qui l'ont été. Plus personne ne facture et il n'y a plus de TVA, donc ce n'est plus un sujet. Nous en avons parlé avec Marc et Philippe" conclut Laurent Tournier, en réaction à la prise de position publique de Marc Vanhove et Philippe Etchebest sur la TVA.

Autrement-dit le plus dur reste à faire.

Jean-Philippe Déjean

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