2024 en passe de devenir l'année la plus chaude jamais enregistrée
latribune.fr
Bien que juillet 2024 ait été légèrement moins chaud que juillet 2023, il reste néanmoins le deuxième mois le plus chaud de l'histoire. ( Photo d'illustration )
Mathieu Thomasset / Hans Lucas via Reuters Connect
Selon le réseau Copernicus, l'année 2024 devrait atteindre un nouveau record. En cause : des températures extrêmes dans certaines régions du monde en juillet ainsi qu'un réchauffement de la température nocturne.
Le réchauffement climatique s'intensifie, et les données récentes de l'observatoire européen Copernicus suggèrent qu'il est de plus en plus probable que 2024 devienne l'année la plus chaude jamais enregistrée.
Bien que juillet 2024 ait été légèrement moins chaud que juillet 2023, il reste néanmoins le deuxième mois le plus chaud de l'histoire.
2023 était déjà l'année la plus chaude
Des records de chaleur ont été enregistrés dans plusieurs pays, dont la Grèce, le Japon et le Maroc, où le thermomètre a dépassé les 48 °C. À Athènes, ce mois de juillet a été le plus chaud jamais mesuré, obligeant les autorités à fermer partiellement l'Acropole pour protéger les visiteurs et les travailleurs.
« Le monde est en train de devenir trop chaud pour que nous puissions y faire face », a déclaré Celeste Saulo, la vice-présidente de l'Organisation météorologique mondiale (OMM).
L'an passé, l'année 2023 avait déjà établi de nouveaux records de chaleur, étant elle-même la plus chaude jamais enregistrée à ce jour. La moyenne annuelle dépassait celles des précédentes années records, 2016 et 2020, montrant une hausse de 1,29 °C à 1,27 °C par rapport à l'ère préindustrielle. Chaque mois, de juin à décembre 2023, a battu des records mensuels absolus de température, avec un pic en décembre où les températures étaient 1,78 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle.
Durant l'été, le bassin méditerranéen avait connu des températures extrêmes, atteignant 50,4 °C à Agadir, au Maroc, et 43,2 °C à Carcassonne, en France. Par ailleurs, le monde a battu en juillet deux jours de suite le record de la journée la plus chaude jamais enregistrée, les 22 puis 23 juillet.
« C'est exactement ce que la science du climat nous prédisait dans une situation où l'on continue à brûler du charbon, du pétrole et du gaz », a réagi Joyce Kimutai, climatologue à l'Imperial College de Londres.
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Des températures nocturnes en nette hausse
Des températures assez similaires sont attendues dans le bilan de 2024. Mais un phénomène préoccupant s'est accentué aussi cette année : les nuits sont de plus en plus chaudes pour environ 30 % de la population mondiale. Selon une étude de Climate Central, le nombre de nuits où les températures dépassent 25 °C a considérablement augmenté, ce qui empêche le corps humain de récupérer de la chaleur diurne.
Cette hausse des températures nocturnes, particulièrement marquée dans des villes comme Bombay et dans des pays comme Trinité-et-Tobago, pose des risques majeurs pour la santé publique.
«Les températures nocturnes plus élevées, en particulier pendant les périodes chaudes de l'année, peuvent nuire au sommeil et réduire la récupération physique à la suite de températures diurnes élevées», a commenté Nick Obradovich, scientifique en chef au Laureate Institute for Brain Research.
Ces températures augmentent également les risques de maladies cardiovasculaires et d'accidents vasculaires cérébraux, en particulier pour les personnes âgées et les populations vulnérables.
Cruciale dans la lutte contre le réchauffement climatique, la forêt Amazonienne brésilienne s'est vue de nouveau amputé de sa végétation en juillet 2024, marquant la première hausse de la déforestation en 15 mois. Cette augmentation de 33 % par rapport à l'année précédente constitue un défi pour le gouvernement du président Luiz Inacio Lula da Silva. Bien que son administration ait réussi à réduire le déboisement de manière spectaculaire depuis 2023, l'Amazonie reste sous la pression constante de l'expansion agricole et de l'exploitation minière.
En juillet, 666 km² de forêt ont été détruits, contre 500 km² l'année précédente. Cependant, la tendance à long terme montre une réduction significative de la déforestation, avec une baisse de 45,7 % sur les 12 derniers mois par rapport à la période antérieure. Cela représente un progrès notable, puisque la superficie de forêt détruite entre août 2023 et juillet 2024 est passée de 7.952 km² à 4.315 km².
Si la tendance lourde à la baisse de la déforestation se confirme dans les prochains mois, « le Brésil sera tout près de réaliser son objectif prévu pour 2025 dans l'Accord de Paris », consistant à atteindre une réduction de 48% de ses gaz à effet de serre, a estimé dans un communiqué l'Observatoire du climat, un collectif d'ONG.