Bruno Le Maire demande à EDF un effort tarifaire pour ses clients industriels
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Devant les patrons du Medef, Bruno Le Maire s'est engagé à renégocier les contrats à long terme d'EDF.
Reuters
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Devant les patrons du Medef, Bruno Le Maire s'est engagé à renégocier les contrats à long terme d'EDF.
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EDF, en cas de victoire de la majorité présidentielle aux élections législatives, va devoir revoir sa copie pour aider les entreprises à gagner en compétitivité. « Nous rouvrirons la négociation des contrats avec EDF parce que le prix de sortie n'est pas suffisant, n'est pas suffisamment compétitif pour l'industrie française », a déclaré le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire lors de sa présentation du programme économique du parti présidentiel devant les représentants patronaux réunis au Medef à Paris avant les élections législatives anticipées.
EDF, affecté par une dette colossale et devant un mur d'investissements pour relancer le nucléaire à la demande de l'exécutif, propose à ses très gros clients des contrats à long terme à des tarifs que l'électricien juge préférentiels en échange d'un pré-financement du nouveau nucléaire. Les industriels sont invités à signer ces contrats sur la base de l'accord passé entre l'État et EDF en novembre fixant un niveau de prix moyen estimé autour de 70 euros le mégawattheure (MWh) pour l'électricité nucléaire, à partir de 2026 et pour 15 ans. Ils bénéficient jusqu'à présent pour l'électricité d'origine nucléaire d'un tarif préférentiel, dit Arenh, qui disparaîtra fin 2025.
Depuis novembre, quatre industriels seulement ont signé une lettre d'intention en ce sens avec EDF. Deux sont dans l'acier décarboné. Il s'agit d'ArcelorMittal et de Gravithy à Fos sur mer. Les noms des deux autres ne sont pas rendus publics. Et, depuis le début des négociations en novembre, EDF a alloué « environ 10 terawattheures » par an sur une durée de 10 à 15 ans dans les quatre contrats annoncés, et dispose encore de 14 Twh par an pour atteindre la limite de 24 Twh qu'il s'est fixé.
Mi-avril, le gouvernement avait déjà fait pression sur les dirigeants d'EDF et sur les industriels gros consommateurs d'électricité pour qu'ils se mettent enfin d'accord sur des contrats de long terme censés assurer à la fois l'avenir d'EDF et celui de ses clients.
Début mai, devant une commission parlementaire, le ministre avait aussi jugé que le nombre de contrats d'approvisionnement à long terme en électricité signés entre EDF et ses clients industriels « n'est pas suffisant » aujourd'hui. « Soit un nombre suffisant d'accords a été signé parce que l'équilibre a été trouvé, soit l'accord n'emporte pas suffisamment de signatures. Et dans ce cas-là, il faudra, comme c'est prévu dans cette clause de revoyure, réviser un certain nombre de paramètres » indiquait-il alors, sans plus de précisions.
Car certains industriels, notamment dans la chimie ou l'hydrogène, ont jugé les tarifs proposés trop élevés pour garantir la compétitivité de leur activité.
Une mission de médiation sur le sujet a été confiée à l'ancien président d'ArcelorMittal France Philippe Darmayan, également spécialiste du prix de l'électricité, et à l'ancien directeur de la Commission de régulation de l'énergie (Cre) Julien Janes. Les industriels payaient moins de 50 euros du MWh en 2019, et « nous allons être bientôt à plus de 100 euros, alors que l'électricité est à 40-60 euros aux États-Unis ou 30-50 euros en Norvège », a fait valoir mi-avril Frédéric Gauchet, président de France Chimie qui représente 4.000 entreprises du secteur en France.
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EDF « ne souhaite pas verrouiller le marché, les industriels électro-intensifs peuvent aussi couvrir leurs besoins avec des contrats de fourniture classique auprès d'EDF ou de fournisseurs alternatifs » fait valoir l'électricien.
(Avec AFP)
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