C'est une situation délicate pour Bercy. Alors que le gouvernement a laissé le champ libre à EDF pour nouer des contrats de long terme avec les industriels selon ses propres conditions, ceux-ci tardent à voir le jour. Pourtant, l'électricien public lui-même en dépend pour avoir une visibilité sur ses revenus, et par là même absorber sa dette et financer ses investissements dans le nucléaire. Mais avec la chute des prix de l'électricité sur les marchés ces dernières semaines, EDF ne se trouve plus en position de force pour négocier ses prix. Mercredi, les cours sur la bourse d'échange européenne EPEX sont même passés sous la barre fatidique des 60 euros le mégawattheure (MWh) pour livraison en 2026... soit moins que le coût de production du nucléaire calculé par le régulateur.
Dans ces conditions, le nouveau ministre délégué chargé de l'Industrie et de l'Energie, Roland Lescure, a rencontré jeudi le PDG d'EDF, Luc Rémont, et les représentants de l'organisation professionnelle France Industrie dès le lendemain. Le mot d'ordre : les pousser à se mettre d'accord au plus vite pour signer des contrats, à un prix ni trop faible afin de satisfaire EDF, ni trop élevé pour que les industriels s'y retrouvent. « Aujourd'hui, le nombre d'accords de long terme signés avec de gros industriels intensifs se comptent sur les doigts d'une main. Ce n'est pas suffisant, il faut accélérer », explique à La Tribune le ministre, déterminé à accroître la « pression » sur les « deux parties ».