Budget : des associations dénoncent l'augmentation des taxes sur l'électricité
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2024 a marqué la sortie du bouclier tarifaire avec une augmentation de l'accise électricité.
© 2009 Thomson Reuters
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2024 a marqué la sortie du bouclier tarifaire avec une augmentation de l'accise électricité.
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L'augmentation des taxes sur l'électricité prévue par le gouvernement n'en finit pas d'inquiéter. Ce mercredi, dans une lettre ouverte adressée aux députés et sénateurs, seize fédérations et associations professionnelles du secteur de l'énergie - parmi elles l'Afpac, l'Avere, Enerplan et Gifam - ont ainsi dénoncé l'augmentation des taxes sur la facture d'électricité prévue dans le projet de budget.
« Cette fiscalité qui représente d'ores et déjà près d'un tiers du montant total de la facture d'électricité, pourrait en constituer demain le premier poste, induisant que les consommateurs d'électricité contribuent plus au budget de l'Etat qu'au bien et service qu'ils consomment », écrivent ces fédérations du secteur de l'énergie dans ce courrier, à l'occasion du début de l'examen du projet de loi de finances (PLF) 2025 en commission des finances de l'Assemblée nationale.
« Au cours des derniers mois, la facture d'électricité s'est régulièrement trouvée au cœur de l'actualité, dévalorisant de fait les atouts du système électrique français et de ses acteurs, poursuivent-elles, en rappelant que l'électricité « constitue un des piliers de la stratégie énergétique de la France pour garantir notre souveraineté, notre trajectoire climatique et répondre aux enjeux de pouvoir d'achat et de compétitivité ».
Elles soulignent que l'année 2024 a marqué la sortie du bouclier tarifaire avec une augmentation de l'accise électricité, qui est passée pour les ménages de 1 euro le mégawattheure (MWh) hors taxes, à 21 euros/MWh HT au 1er février 2024.
Or, indiquent-elles, « le projet de loi de finances pour 2025 qui a été présenté la semaine dernière prévoit finalement que le tarif de l'accise pourra être compris entre 30 euros/MWh HT et 50 euros/MWh HT, dépassant ainsi très largement le niveau d'avant crise ».
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

« Le projet présenté par le gouvernement entend procéder à une augmentation globale de l'accise de l'électricité à un niveau jamais atteint jusqu'ici, ce qui constituerait un contresens écologique », affirment-elles.
Dans le même temps, les énergies fossiles « représentent encore deux-tiers de notre consommation nationale d'énergies finales et pèsent lourdement sur notre balance commerciale avec des importations énergétiques qui s'élèvent chaque année à plus de 65 milliards d'euros », déplorent-elles.
Sur le front du gaz, Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, a exclu une augmentation de la taxe. « Elle a doublé en début d'année dernière, elle a déjà augmenté », a-t-elle argumenté, évoquant sur BFMTV un « arbitrage » du Premier ministre Michel Barnier sur cette question. L'augmentation de cette taxe, intervenue au 1er janvier 2024, avait acté la sortie du bouclier tarifaire sur le gaz mis en place pendant la crise énergétique à partir de fin 2021 pour éviter de trop fortes hausses des factures des consommateurs.
Vendredi, lors d'une conférence de presse, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher avait indiqué que le gouvernement étudiait par voie d'amendement la possibilité d'augmenter la fiscalité du gaz, une énergie fossile qui contribue au réchauffement climatique. Elle justifiait cette hypothèse par la nécessité de « donner des signaux de prix cohérents entre solutions carbonées et solutions décarbonées ». Une façon de différencier les usages du gaz de ceux de l'électricité, essentiellement d'origine bas carbone en France en raison de son parc nucléaire.
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Si, selon un rapport dévoilé ce mercredi par l'Agence internationale de l'énergie, plus de la moitié de l'électricité de la planète sera d'origine bas carbone d'ici la fin de la décennie, le monde est encore « loin d'une trajectoire alignée » sur les objectifs de neutralité carbone.
Dans ce rapport, l'AIE maintient sa prévision d'un pic de la demande pour toutes les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) « d'ici la fin de la décennie », des prévisions à rebours de celles de l'industrie pétro-gazière et de l'organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). « Un niveau record d'énergie propre a été installé au niveau mondial en 2023, mais les deux tiers de l'augmentation de la demande d'énergie ont encore été satisfaits par les combustibles fossiles », souligne aussi l'AIE.
(Avec AFP)
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