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ClimatEnergie & Environnement

Climat : la transition écologique reste inabordable pour une grande partie des Français, alerte une étude

latribune.fr

Publié le 19 octobre 2023 à 15:38 - Mis à jour le 19 octobre 2023 à 15:39

Selon les données récoltées par le rapport, en France, l'argent public prend en charge 25% à 60% de l'investissement dans la transition écologique.

Selon les données récoltées par le rapport, en France, l'argent public prend en charge 25% à 60% de l'investissement dans la transition écologique.

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Rénover son logement ou s’acheter une voiture électrique, le think tank français I4CE dresse un bilan alarmant sur la difficulté des Français à supporter les coûts liés à la transition écologique. Un constat qui n’est cependant pas irrémédiable.

Acheter une voiture électrique, investir dans la rénovation thermique de son logement... la transition écologique a un coût important pour une majorité de Français.  C'est l'une des conclusions d'une étude de l'Institut de l'économie pour le climat I4CE, un think tank français. Publiée en plein débat budgétaire au parlement, leur conclusion est claire : « Les conditions économiques ne sont pas réunies aujourd'hui pour que tous les ménages puissent investir », avec le risque que cela « génère un rejet des politiques de transition » et conduise « collectivement dans une impasse ».

Pourtant, ce ne sont pas les aides qui manquent. L'argent public prend en charge 25% à 60% de l'investissement, selon les barèmes. De plus en plus indexées sur les revenus, ces aides sont « environ deux fois plus élevées pour les ménages modestes que pour les ménages aisés ». Mais des effets de seuil peuvent venir brouiller la prise de décision pour une moitié de la population, ceux qui ne sont ni pauvres ni riches : « Ils font varier les montants d'aide de plusieurs milliers d'euros », relève l'étude.

Et même avec un prêt à taux zéro, « le financement du reste à charge continue de se heurter à la capacité d'endettement » des ménages. Cela se chiffre en dizaines de milliers d'euros, et représente plus d'un an de revenus pour les classes moyennes, et dix ans ou plus pour les ménages les plus modestes.

Les voitures électriques dans le viseur

Concernant les voitures, le constat est davantage alarmant. « Lorsqu'on compare l'achat d'une citadine électrique standard neuve avec le fait de garder une vieille voiture essence, cet investissement ne se rentabilise sur 20 ans pour aucun ménage », relève l'étude. En revanche, l'achat d'un véhicule électrique neuf par rapport à son équivalent neuf thermique « est rentable en moins de six ans » grâce aux économies de carburant. Sauf que l'acquisition pose encore « un problème de trésorerie » : même avec les aides, il faut sortir de sa poche entre 10.000 et 40.000 euros pour une voiture neuve et une borne de recharge selon les modèles.

Et aucun salut n'est à attendre des sociétés de location avec option d'achat, ou leasing, qui « en France facturent 56% de plus pour la location d'un véhicule électrique à batterie par rapport à un équivalent thermique ». Reste le marché de l'occasion, privilégié par une majorité d'automobilistes français. Il est cependant « encore peu développé » en électrique et, méfiance, il y a « un problème de compatibilité des véhicules électriques déjà anciens avec les systèmes de recharge actuels ayant connu un progrès technologique rapide », soulignent les auteurs.

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Un constat sans appel mais pas sans remède

Outre des freins financiers, l'étude souligne également une lourdeur administrative. Mais ce constat sans appel n'est cependant pas sans remède. « Une hausse des aides entre 10% et 50% serait nécessaire pour les ménages modestes et le début des classes moyennes », ainsi qu'une augmentation du bonus pour les plus modestes, suggère I4CE. Les auteurs suggèrent au législateur des pistes de changement pour les onze programmes d'aide actuels (six pour la rénovation dont la TVA à 5,5% sur les travaux depuis 1999, cinq pour la mobilité électrique).

Concernant les rallonges annoncées par le gouvernement pour les aides à la rénovation des logements MaPrimeRenov' en 2024, I4CE recommande « un rebasculement d'une partie des aides des ménages les plus aisés » pour financer une augmentation de plus de 20% des aides aux ménages modestes et à la première moitié des classes moyennes. Quitte à user de la réglementation pour pousser ceux qui ont les moyens à investir.

Une enveloppe supplémentaire de sept milliards d'euros

Malgré tout, jamais le gouvernement n'a prévu d'allouer autant d'argent public à la transition écologique dans le projet de loi de finances 2024. Avec sept milliards de financements supplémentaires pour la rénovation énergétique, la biodiversité ou encore le rail. Le gouvernement pourrait notamment financer une hausse du bonus écologique pour l'achat de véhicules électriques. Il promet aussi des réponses sur le financement des RER métropolitains ou des mesures pour des rénovations énergétiques de logements plus « performantes ».

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Mais cette enveloppe reste insuffisante pour certains. MaPrimeRenov', va voir son enveloppe étoffée de 1,6 milliard d'euros pour la porter à 5 milliards en 2024. Cependant, il lui est reproché de financer des centaines de milliers d'aides limitées seulement à un changement de chauffage ou de fenêtres. « Il faut stopper ces travaux mono-gestes, et un recentrage sur la rénovation globale et performante des logements (...) celle qui divise par trois ou quatre la facture énergétique », avait alors déclaré Delphine Mugnier, co-présidente de CLER Réseau pour la transition énergétique.

(Avec AFP)

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