C’est le sujet central de la 29ᵉ conférence onusienne pour le climat, qui a démarré lundi à Bakou, en Azerbaïdjan : augmenter l’aide financière annuelle des pays riches à leurs homologues pauvres, plus vulnérables aux effets néfastes du changement climatique. Mais de nombreux obstacles pour arriver à ce résultat subsistent.« Les pays en développement ne doivent pas partir de Bakou les mains vides. Un accord est essentiel. Le monde doit payer, sinon l'humanité en paiera le prix » : comme souvent, les mots d'Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, sont ciselés et directs. Prononcés mardi matin, en ouverture de la deuxième journée de la COP29 à Bakou en Azerbaïdjan, ils résument l'enjeu principal de cette conférence climatique : augmenter l'enveloppe financière des pays riches et industrialisés occidentaux pour aider les pays en développement à faire face au dérèglement climatique.
Votée lors de la COP15 à Copenhague en 2009, cette contribution financière était censée atteindre un total de 100 milliards d'euros annuels entre 2020 et 2025. Après un raté en 2020 et 2021, l'objectif a finalement été dépassé en 2022 avec 116 milliards de dollars versés, selon le décompte effectué par l'OCDE.
« La création de cet objectif financier était une avancée dans le multilatéralisme climatique. Mais, aujourd'hui, les besoins des pays en voie de développement pour atténuer les effets du changement climatique et s'adapter à ses conséquences néfastes, sont beaucoup plus importants », explique Lola Vallejo, conseillère spéciale climat à l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI), et coprésidente de la CCNUCC, le programme de travail de l'ONU sur l'atténuation du changement climatique.
Des besoins financiers multipliés par dix
À combien se chiffrent les besoins ? Là-dessus, il n'y a pas de montant arrêté, mais Lola Vallejo estime « que c'est au moins dix fois plus que l'enveloppe des 100 milliards de dollars ». Cela correspond à l'estimation du réseau mondial d'ONG Climate Action Network, qui chiffre les besoins à 1.000 milliards par an. Le groupe des pays africains au sein de l'ONU table aussi sur un chiffre proche : 1.300 milliards de dollars. Et selon la dernière ébauche d'accord publiée mercredi à la COP, les pays en développement réclament bien « au moins 1.300 milliards de dollars par an » d'aide des pays riches.