Climat : 2024 devrait être l'année la plus chaude jamais enregistrée
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Selon Copernicus, le mois d'octobre a été le deuxième plus chaud dans le monde, après octobre 2023, avec une température moyenne de 15,25°C.
Reuters
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Selon Copernicus, le mois d'octobre a été le deuxième plus chaud dans le monde, après octobre 2023, avec une température moyenne de 15,25°C.
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[Article publié jeudi 7 novembre 2024 à 7h15, mis à jour à 15h24] L'étau se resserre encore sur le front climatique. 2024 devrait être une nouvelle année référence pour juger du réchauffement climatique.
« Après les 10 premiers mois, il est désormais quasiment certain que 2024 sera l'année la plus chaude jamais enregistrée et la première avec plus d'1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels », selon la base de données « ERA5 » de Copernicus, a commenté ce jeudi Samantha Burgess, directrice adjointe du service changement climatique (C3S) de ce programme européen. Il est même « probable » que le réchauffement ait dépassé 1,55°C durant l'année calendaire, selon ce service européen.
« Cela marque une nouvelle étape dans les records de températures mondiales et devrait servir de déclencheur pour rehausser l'ambition à la prochaine conférence sur le changement climatique, la COP29 », a souligné Samantha Burgess.
Selon Copernicus, le mois d'octobre a été le deuxième plus chaud dans le monde, après octobre 2023, avec une température moyenne de 15,25°C. C'est 1,65°C de plus que les niveaux préindustriels de 1850-1900, avant que l'utilisation massive des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) ne réchauffe fortement l'atmosphère et les océans.
Au Japon, le mont Fuji n'a jamais attendu si longtemps ses premiers flocons. La neige vient de tomber alors que le manteau neigeux commence à se former en moyenne le 2 octobre. C'est aussi le 15e mois sur une période de 16 mois que la température moyenne dépasse 1,5°C de réchauffement.
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Ce chiffre symbolique correspond à la limite la plus ambitieuse de l'accord de Paris de 2015, visant à contenir le réchauffement bien en-dessous de 2°C et à poursuivre les efforts pour le limiter à 1,5°C. Cet accord historique fait toutefois référence à des tendances climatiques de long terme: la moyenne devra rester au-dessus d'1,5°C de réchauffement pendant 20 à 30 ans pour que l'on considère que la limite a été franchie.
Selon les derniers calculs de l'ONU, le monde n'est toutefois pas du tout sur la bonne voie pour respecter cette limite, qui permettrait pourtant d'éviter des effets comme des sécheresses, canicules ou pluies torrentielles. Les politiques actuelles entraîneraient ainsi un réchauffement « catastrophique » de 3,1°C au cours du siècle, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Et même en intégrant toutes les promesses de faire mieux, la température moyenne mondiale grimperait de 2,6°C.
Les effets meurtriers du réchauffement ont encore été illustrés dernièrement par les inondations dans le sud de l'Espagne, qui ont fait plus de 200 morts, la très grande majorité dans la région de Valence. Copernicus note que les précipitations ont été supérieures aux moyennes en octobre dans la péninsule ibérique, mais aussi en France, dans le nord de l'Italie ou encore en Norvège. Les scientifiques s'accordent sur le fait que sur la majeure partie de la planète, les précipitations extrêmes sont devenues plus fréquentes et plus intenses en raison du changement climatique.
Le COP29, qui s'ouvre le 11 novembre à Bakou en Azerbaïdjan, ne pourra pas ignorer ces données. Elle sera consacrée à la recherche d'un nouvel objectif de financement pour permettre aux pays en développement de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, et de s'adapter au changement climatique.
Elle se tiendra également dans l'ombre du retour prochain à la présidence américaine de Donald Trump, qui a dans le passé qualifié le changement climatique de « canular ». Le républicain a promis durant sa campagne de « forer à tout va » et remis ouvertement en doute la réalité du changement climatique, à rebours de la politique de transition énergétique engagée par son prédécesseur Joe Biden. « Nous avons plus d'or liquide que n'importe quel pays dans le monde. Plus que l'Arabie saoudite ou la Russie » s'est encore félicité le magnat dans son discours de victoire, en référence au pétrole et au gaz.
Un point de vue qui tranche avec celui du secrétaire général de l'ONU qui a de nouveau tiré la sonnette d'alarme ce jeudi. « Les calamités climatiques sont notre nouvelle réalité. Et nous ne sommes pas à la hauteur », a ainsi déclaré Antonio Guterres. « Nous devons nous adapter, dès maintenant », a-t-il ajouté, rappelant la litanie des récentes catastrophes climatiques (crues, incendies, ouragans).
Selon un rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), les fonds publics internationaux alloués aux pays les plus pauvres pour les mesures d'adaptation sont loin d'être suffisants : avec 28 milliards de dollars en 2022, ils ne couvrent même pas un dixième des besoins, évalués à entre 215 et 387 milliards de dollars annuels d'ici à 2030.
Les raisons d'espérer existent néanmoins : le vieil axiome selon lequel croissance économique est possible grâce à au pétrole est désormais obsolète. De plus en plus de régions dans le monde parviennent à combiner croissance économique et réduction des émissions de CO2, selon une étude de l'institut de Potsdam pour la recherche sur l'impact du climat.
L'analyse des données de 1.500 régions dans le monde, sur les 30 dernières années, montre que 30% d'entre elles ont « réussi à réduire leurs émissions (...) tout en continuant à prospérer économiquement ». C'est le cas de la plupart des pays riches, dont les rejets de CO2 baissent depuis des années. Les pays de l'Union européenne ont ainsi réduit leurs émissions de 37% depuis 1990, tandis que le PIB augmentait de 68%, selon la Commission européenne.
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Ainsi, la croissance de l'énergie solaire, des pompes à chaleur et des véhicules électriques dépasse de très loin les prévisions d'il y a quelques années. Les énergies renouvelables (solaire, éolien...) ont connu en 2023 une croissance de 50%, « la plus rapide de ces deux dernières décennies », selon l'AIE. Et en 2025, les renouvelables devraient dépasser le charbon pour devenir la source principale dans la production d'électricité.
(Avec AFP)
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