Alors que la centrale devait redémarrer tôt jeudi matin, les salariés, en grève, bloquent toute production. Ils réclament des avancées substantielles sur l'avenir du site, dont la fermeture est prévue en 2027. La CGT se dit prête à entamer un bras de fer avec la direction d'EDF pendant plusieurs mois.Mise à jour : article publié le 21/11/24 à 15h24 et mis à jour avec les commentaires d'EDF à 17h19.
Alors que la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle), opérée par GazelEnergie, a repris du service depuis une dizaine de jours, celle de Cordemais (Loire-Atlantique), propriété d'EDF, devait, elle aussi, injecter des mégawattheures sur le réseau à partir de 5 heures ce matin. Mais c'était compter sans la grève des salariés et la mobilisation de la CGT, bien décidée à paralyser le site de production tout au long de l'hiver tant qu'elle n'a pas obtenu de la direction d'EDF des avancées consistantes sur le devenir du site.
Selon le syndicat, maintenir la centrale à l'arrêt alors que les conditions de marché lui permettent de produire représenterait un manque à gagner d'environ un million d'euros pour l'électricien.
« Une assemblée générale du personnel a été organisée lundi. Au moins 150 personnes y étaient présentes et elles ont voté à l'unanimité qu'il n'y aurait pas un gramme de charbon utilisé pour produire de l'électricité. Nous nous organisons pour tenir plusieurs mois, jusqu'à obtenir une proposition crédible sur l'avenir du site », affirme Gwenaël Plagne, ancien délégué CGT Cordemais, aujourd'hui secrétaire du comité central d'entreprise d'EDF, contacté par La Tribune.
Fermeture de la centrale programmée en 2027
En septembre, EDF a officialisé l'abandon immédiat d'Ecocombust, le projet de reconversion de la centrale à la biomasse porté depuis plusieurs années par la CGT, puis d'arrêter définitivement la production électrique en 2027 afin de respecter l'engagement de la France sur la sortie du charbon. Et ce, en raison de l'absence d'un modèle économique viable. « Acter ce projet aurait conduit à plusieurs centaines de millions d'euros de pertes », avait assuré Olivier Lamarre, directeur de la division thermique d'EDF, lors d'un point presse le 24 septembre dernier.