En France, l'industrie du recyclage souffre de la conjoncture morose
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En 2023, le chiffre d'affaires de la filière recyclage française a reculé.
CCEP
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En 2023, le chiffre d'affaires de la filière recyclage française a reculé.
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Le secteur du recyclage souffre en France. En 2023, son chiffre d'affaires a en effet reculé de près de 5% à 11,03 milliards d'euros, selon un bilan annuel publié par la Fédération des entreprises du recyclage (Federec).
Un bilan en demi-teinte qui s'explique notamment par la conjoncture morose : « Il y a l'inflation, des taux d'intérêt qui sont plus importants, il y a la crise économique dans certains secteurs phares de la production industrielle et toute l'actualité géopolitique », déplore à l'AFP François Excoffier, président de Federec. Sans oublier l'instabilité politique suite à la dissolution et les élections qui ont suivi.
Federec note également « le contexte législatif et réglementaire » qui entraîne pour ses adhérents « un alourdissement considérable » des tâches administratives. Dans le viseur notamment, la loi antigaspillage pour une économie circulaire (Agec), qui vise une réduction des déchets ménagers, et a notamment instauré de nouvelles filières à « responsabilité élargie du producteur » (REP) sur le principe du « pollueur-payeur ».
S'il est bien réel, ce recul de l'activité du secteur est tout de même à relativiser, selon le cadre. Ceci, au regard d'un exercice record en 2022, le premier au-dessus des 10 milliards d'euros. Au total, quelque 39 millions de tonnes de matières premières issues du recyclage ont ainsi été produites et vendues en 2023 (métaux, bois, papier-carton, verre, plastiques, solvants, déchets du bâtiment...).
En outre, si globalement, la collecte a reculé, les résultats sont hétérogènes, avec des filières en baisse, comme les métaux ferreux (-4%), les papiers-cartons (-5%), les biodéchets (-3,9%), alors qu'à l'inverse, la collecte a progressé pour les métaux non-ferreux (+2,5%), les textiles (+3%) et le bois (+1%), notamment.
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Malgré cette mauvaise conjoncture, les investissements des entreprises ont progressé de 12% pour atteindre le niveau record de 734 millions d'euros, selon Federec. Quant à l'exercice 2024, il s'annonce « beaucoup plus saignant », ajoute François Excoffier.
Si, en 2023, le recul de l'activité du secteur n'a pas affecté l'emploi, qui s'est maintenu avec quelque 34.500 personnes (un peu moins de 40.000 en comptant les intérimaires), « pour 2024, on voit les choses de manière beaucoup plus sombre », appuie le président de Federec.
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La France en retard sur le recyclage du plastique
La France souhaite « augmenter l'incorporation de matières recyclées plastiques de manière transversale entre toutes les filières, avec un dispositif de bonus-malus », a déclaré jeudi de la semaine dernière la ministre de l'Ecologie et de l'Energie Agnès Pannier-Runacher. La France est en effet très en retard sur le recyclage des emballages plastiques : seuls 23% sont recyclés, alors que l'objectif est de 40%, ce qui lui a valu une amende européenne de 1,6 milliard d'euros.
Un constat générateur de « frustration » pour la ministre, qui s'exprimait dans le cadre des assises des déchets organisées à Nantes. Elle a donc annoncé le lancement d'un « groupe de travail avec les parties prenantes afin de définir de manière transversale (...) un dispositif de prime/pénalité sur les plastiques », sur le modèle pollueur/payeur. « Ces primes et pénalités seront définies par résine plastique dont les tarifs et marchés sont structurés différemment », a précisé l'entourage du ministre.
Objectif visé, selon la locataire de l'hôtel Roquelaure : « Inciter les producteurs à incorporer des matières plastiques recyclées, de préférence d'origine française, dans leurs produits », en lieu et place des matières plastiques vierges.
(Avec AFP)
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