Lorsque l'on parle de batteries électriques, on pense souvent à celles qui se trouvent sous le capot des voitures pour remplacer les moteurs à essence. Et pourtant, ces équipements peuvent aussi être « stationnaires » : depuis quelques années, des champs de batterie poussent sur le territoire français, comme autant d'usines de stockage de l'énergie.
En effet, cette solution a le vent en poupe : alors que le parc installé de batteries stationnaires s'élevait à 917 mégawatts (MW) en métropole au 1er juillet 2024 - soit environ la puissance d'un réacteur nucléaire -, il devrait très bientôt doubler, avec 1.200 MW dont le raccordement est prévu dans l'année, a fait savoir il y a quelques jours la Commission de régulation de l'énergie (CRE). En tout, ce sont même 6,9 gigawatts (6.900 MW) de projets qui sont actuellement sur liste d'attente pour être validés par les gestionnaires de réseau français. Soit des niveaux bien loin de 2019, puisque seuls 7 MW étaient raccordés à l'époque, et 100 MW en attente.
Autre chiffre marquant : il se vend désormais une batterie de ce type pour six batteries affectées à l'industrie automobile tandis qu'il y a quatre ans, ce ratio était de 1 pour 15, relevaient récemment nos confrères des Echos.
Mais alors, d'où vient cet engouement ? A l'origine, ces installations servaient à rendre ce que l'on appelle des « services système » : « Dès qu'il y a une petite instabilité sur le réseau en raison d'un décalage entre la production et la consommation, la fréquence hertzienne fluctue. Puisque les batteries peuvent injecter de l'électricité à tout moment, elles sont parfaitement calibrées pour remédier à ce déséquilibre », explique Michael Salomon, PDG de Clean Horizon, une société de conseil qui travaille exclusivement sur le stockage de l'énergie. Les gestionnaires de réseau, Enedis et RTE, versent donc une redevance aux opérateurs de ces installations, pour pouvoir les utiliser en cas de besoin. Seulement voilà : cela peut justifier l'installation de 2 GW maximum de batteries, selon la CRE. « Au-delà, il y a moins d'intérêt et les prix chutent », ajoute Michael Salomon.