Pour remplacer le gaz fossile, le gestionnaire du réseau de distribution, GRDF, ne mise pas que sur le biométhane, cette molécule issue de la fermentation de matières organiques. Il plaide aussi pour accroître les investissements dans le « power-to-methane », un procédé qui permet de changer l’électricité…en gaz. Seulement voilà : le rendement reste mauvais, et l’électricité bas carbone, disponible en quantités limitées.Ces dernières années, une promesse est née : du « gaz vert » fera bientôt son apparition dans nos tuyaux, alimentant les radiateurs et autres plaques de cuisson, et ce, sans contribuer au réchauffement de la planète, et sans que nous ayons à modifier nos habitudes. C'est en tout cas ce qu'affirment les géants du secteur, en premier lieu GRDF, le gestionnaire du réseau français de canalisations. Au point que, grâce à cette innovation, il deviendrait même inutile de bifurquer vers une chaudière électrique pour diminuer son empreinte carbone et se passer des combustibles fossiles, fait régulièrement valoir l'entreprise.
Seulement voilà : avant que la réalité ne colle à ce narratif, le chemin sera très long. De fait, le fameux « gaz vert » proviendra de ressources coûteuses et très disputées, comme la biomasse (résidus végétaux, bois...) ou encore... l'électricité bas carbone, issue des renouvelables ou du nucléaire.
Biomasse ou électricité
En effet, il existe plusieurs moyens pour générer la fameuse molécule de méthane (CH4), principal composant du gaz naturel, en dehors de l'exploitation d'hydrocarbures en sous-sol. La plupart d'entre eux reposent non pas sur l'électricité, mais sur la décomposition de biomasse. C'est-à-dire la matière organique d'origine végétale, animale, bactérienne ou fongique utilisable comme source d'énergie. Et notamment la « méthanisation », qui consiste à fermenter des intrants agricoles ou industriels dans de grandes cuves.
Mais ce n'est pas la seule manière de faire : pour générer suffisamment de « gaz vert », GRDF compte également sur la « méthanation », ou « power-to-methane ». Ce procédé consiste à générer du gaz bas carbone à partir d'électricité.