C'est un sujet moins controversé que le nucléaire ou les éoliennes, mais qui n'en sera pas moins crucial pour le succès de la transition énergétique. En quinze ans, près de 100 milliards d'euros devront être injectés dans le réseau de transport d'électricité, afin de l'adapter à la hausse de la demande des Français et au changement climatique, a annoncé son gestionnaire, l'organisme RTE. En ligne de mire : les câbles à haute et très haute tension, les pylônes, ou encore les transformateurs, qui se trouveront au cœur d'un chantier colossal.
En effet, après deux ans de travail, RTE a présenté jeudi son vaste plan d'investissement d'ici à 2040, ou « schéma décennal de développement du réseau (SDDR) ». Et pour le décrire, les superlatifs ne manquent pas : 40 000 kilomètres de lignes nécessiteront des travaux d'ici à 2040, sur un réseau total de quelque 106 000 kilomètres. Soit 40 % du total, pour une enveloppe de 94 milliards d'euros (évaluée en 2024) ! Il ne s'agit néanmoins pas d'une surprise : fin 2023, le patron de la société publique, Xavier Piechaczyk, avait déjà dessiné les contours de ce programme gigantesque au Forum zéro carbone organisé par La Tribune. D'ici aux prochains mois, celui-ci sera soumis à un débat public et à plusieurs avis.
Mais que faudra-t-il financer concrètement ? Aujourd'hui, le réseau français est reconnu pour sa qualité et pourrait rendre jaloux plus d'un citoyen de l'État américain de Californie, par exemple, où les coupures sont fréquentes en raison de problèmes techniques. Mais il n'est pas suffisant au vu des évolutions à venir : « [Il] est globalement en bonne santé, bien maillé et de bonne qualité. Mais il est dimensionné pour des usages électriques représentant seulement 25 % de la consommation d'énergie du pays. Pas pour un volume d'électricité de plus de 50 % en 2050 », a précisé jeudi Xavier Piechaczyk. Car il s'agit d'installer des lignes résistantes aux vagues de chaleur et à la multiplication des intempéries, mais aussi capables d'absorber l'augmentation du recours à l'électricité.