Nucléaire : l'EPR de Flamanville est enfin raccordé au réseau
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Le réacteur nucléaire le plus puissant de France produit enfin ses premiers électrons sur le réseau électrique national, a annoncé EDF samedi midi.
Stephanie Lecocq
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Le réacteur nucléaire le plus puissant de France produit enfin ses premiers électrons sur le réseau électrique national, a annoncé EDF samedi midi.
Stephanie Lecocq
[Article publié le 21/12/2024 à 11:28, mis à jour le 21/12/2024 à 12:17 avec l'annonce du couplage de l'EPR de Flamanville]
Ca y est : le 57e réacteur du parc nucléaire, le premier raccordé en France depuis 1999, peut enfin délivrer ses premiers mégawatts. Après moult reports, en effet, EDF a connecté au réseau électrique le tant attendu EPR de Flamanville (Manche). L'opération doit se faire à basse charge, à environ 20% de la puissance du réacteur, pour vérifier que « tout va bien ».
Il s'agit d'un « grand moment » qui « renforce notre compétitivité et protège le climat », a quant à lui réagi Emmanuel Macron.
Après le chargement en combustible réalisé en mai et la première réaction nucléaire au sein du réacteur début septembre, le couplage au réseau était la troisième étape d'entrée en fonctionnement de ce réacteur à eau pressurisée de nouvelle génération qui doit alimenter en électricité environ deux millions de foyers. Le volume d'électricité produite jusqu'au premier arrêt pour maintenance programmée et rechargement du combustible, prévu dans 18 mois, est pour l'heure estimé à environ 14 térawattheures (TWh).
A l'origine, l'opération devait intervenir avant la fin de l'automne, au 21 décembre 2024. Hier encore, le couplage tant attendu était programmé pour le jour-même, d'abord le matin, puis « avant 23 heures ».
Ce sera finalement pour l'hiver. Dans la nuit, l'électricien national avait fait état d'une énième prolongation de l'opération de maintenance préalable, devant se terminer d'ici à 10 heures ce samedi. Ce qui est finalement arrivé deux heures plus tard.
Comme nous l'expliquions hier, l'enjeu pour l'énergéticien était de s'assurer du bon fonctionnement de la turbine, qui sera lancée à 1.500 tours par minute, et de la synchronisation parfaite de l'alternateur avec le réseau pour réaliser la connexion.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Le démarrage de l'EPR aura ainsi pris 17 ans, soit 12 ans de retard sur le calendrier initial. La raison : de nombreux déboires industriels et aléas techniques qui ont fait exploser la facture, désormais estimée à 13,2 milliards d'euros par EDF, soit quatre fois le devis initial de 3,3 milliards.
Alors que le gouvernement souhaite construire au moins 6 nouveaux réacteurs EPR - plus 8 en option -, le calendrier est en tout cas suivi de près. Et la saga ne s'achève pas avec ce couplage puisque celui-ci ne se traduira pas, dans l'immédiat, par un boom de la production électrique en France. « Pour ses premiers pas en exploitation, une quantité très faible [d'électricité, NDLR] sera mise sur le réseau », confirmait hier le directeur adjoint.
Le réacteur normand n'atteindra sa pleine puissance qu'à l'issue d'une nouvelle phase d'essais programmée jusqu'à l'été prochain. Plus de 60.000 critères de sûreté seront validés au cours de cette période, pendant laquelle une dizaine d'opérations d'arrêt-redémarrage devront encore être effectuées.
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