La tempête Caetano, qui a balayé une partie de la France la semaine dernière, a ponctuellement privé d'électricité des dizaines de milliers de foyers. En cause, les vents violents et la neige, qui ont provoqué des chutes d'arbres ou de branches sur les câbles électriques. De quoi rappeler à une dure réalité : ces installations cruciales ne sont pas prêtes à faire face aux événements météorologiques extrêmes, qui se multiplieront et deviendront de plus en plus intenses au fur et à mesure que la planète se réchauffera.
Lorsque l'on parle adaptation des infrastructures énergétiques, l'on pense souvent d'abord aux barrages hydroélectriques ou aux centrales nucléaires, qui devront survivre au manque d'eau. Mais face aux canicules, aux sécheresses, aux tempêtes, aux épisodes de grêle ou encore aux inondations à venir, le réseau électrique se trouvera, lui aussi, en première ligne.
Le marché l'a bien compris : lors de la présentation de ses résultats le 18 novembre dernier, l'énergéticien italien Enel a annoncé augmenter de 40 % ses investissements dans les réseaux, « mis à mal par les intempéries ». « Il est urgent de [les] rendre de plus en plus robustes, capables de résister aux effets du changement climatique et de garantir la continuité du service », avait déclaré deux mois plus tôt le responsable des réseaux et de l'innovation du groupe, Gianni Vittorio Armani, au média Corriere. D'autant que l'essor des véhicules électriques et des pompes à chaleur, vouées à se développer pour s'affranchir du gaz et du pétrole, rendront ces liaisons de plus en plus essentielles.