Le groupe public énergétique Vattenfall a annoncé, ce lundi, qu'il suspendait un important projet d'éolien en mer, invoquant des « conditions d'investissement non-viables » dans le pays.
C'est un coup d'arrêt brutal. Vattenfall a annoncé, ce lundi, suspendre un important projet d'éolien en mer au large de la Suède. Le projet Kriergers Flak, prévu au large de la côte sud-ouest du pays, devait permettre de produire de l'électricité à partir de 2028. Il devait permettre de générer 2,7 terrawatt-heures par an, soit l'équivalent de la consommation annuelle d'environ 500.000 foyers. Le projet jouxte des parcs éoliens déjà existants du côté danois et allemand du récif de Kriegers Flak, selon le communiqué du groupe.
Mais, même si le groupe suédois le décrit comme« le projet d'éolien en mer le plus mature »du pays, il juge que« les conditions d'investissement pour l'éolien en mer ne sont actuellement pas viables en Suède ».« Vattenfall a donc décidé de suspendre le développement de ce projet », ajoute-t-il.
Le projet pourra redémarrer si les conditions s'améliorent, a nuancé le groupe, ajoutant que « l'une des principales conditions pour investir est qu'il y ait un point raisonnable de raccordement au réseau national en mer ». Vattenfall indique qu'il développe des projets en mer en Suède qui ont un potentiel de production de 18 TWh d'ici 2035.
Un accord « historique » signé en mai dans l'Hexagone
Si la Suède freine, la France, elle, tente d'accélérer... 4,5 milliards d'euros d'investissement, c'est le montant de l'accord « historique » pour mettre au point des plateformes électriques destinées à équiper de futurs parcs éoliens, notamment en mer, qu'ont annoncé, début mai, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité en France, RTE, les Chantiers de l'Atlantique et l'industriel Hitachi Energy.
« D'une ampleur inédite pour RTE », ce contrat doit porter sur la construction de plateformes en mer bien plus puissantes que celles construites actuellement, et destinées à équiper les parcs éoliens offshore de Normandie (Centre Manche 1 & 2) et d'Oléron, ont indiqué les trois partenaires à l'occasion d'un déplacement de Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, et de Roland Lescure, ministre délégué chargé de l'Industrie et de l'Energie, aux Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). « Il y a une compétition, il faut la livrer vite et fort », avait commenté Bruno Le Maire, regrettant « un sacré retard à l'allumage » dans l'Hexagone.
Quelques jours après cet accord de Saint-Nazaire, douze organisations actives sur l'ensemble du territoire national avaient annoncé la création du Réseau Énergies Terre et Mer pour demander un moratoire sur l'éolien en mer et « proposer des alternatives énergétiques viables et soutenables ».
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« La technologie n'est pas mature, les financements publics sont accordés sans évaluation sérieuse d'impact, l'intermittence de l'éolien offshore n'est pas cohérente avec les objectifs de sécurité d'approvisionnement électrique. On est loin de la souveraineté énergétique », s'était insurgé Nicolas Bour, coordinateur technique du collectif Energies Territoriales du Nord-Est de la France (ETNEF).