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ClimatEnergie & Environnement

Électricité: les coupures ont pu être évitées cet hiver grâce au parc hydraulique selon EDF

latribune.fr

Publié le 02 mars 2023 à 08:26 - Mis à jour le 02 mars 2023 à 08:46

Bissorte barrage EDF

La production hydraulique nette d'EDF a atteint 25 TWh en 2022 en raison de la sécheresse, contre 35,9 TWh en 2021.

Reuters

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Le parc hydroélectrique a été un élément clé pour « passer l'hiver » sans coupures d'électricité, d'après le PDG d'EDF. Pour Luc Rémont, l'énergie hydraulique représente un « potentiel » pour la France « dans un contexte de moindre prévisibilité des précipitations ». La sécheresse, qui a réduit la production hydraulique nette d'EDF en 2022, pourrait d'ailleurs impacter celle de l'année 2023, bien qu'elle ne l'affecte pas pour le moment.

L'hiver de coupures d'électricité tant redouté par les autorités n'a finalement pas eu lieu. Et ce, notamment grâce au parc hydroélectrique d'EDF.

« Toutes les nuits de cet hiver, nous avons remonté de l'eau à très haut rendement pour pouvoir continuer de disposer de la capacité hydraulique dans la journée, et c'est un des éléments qui nous ont permis de passer l'hiver »,a souligné son PDG, Luc Rémont, devant une commission d'enquête de l'Assemblée ce mardi 28 février.

Cette commission, qui vise « à établir les raisons de la perte de souveraineté et d'indépendance énergétique de la France » et poursuit ses travaux depuis l'automne, entendra par ailleurs la Première ministre Elisabeth Borne ce jeudi.

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Pour Luc Rémont, « il y a un potentiel hydraulique dans notre pays et il est utile que nous le réexaminions. Nous devons intégrer tout cela dans une vision de l'hydroélectricité et de la constitution de réserves en eau qui bénéficiera sur le long terme à notre pays dans un contexte de moindre prévisibilité des précipitations ».

La France est également encore insuffisamment dotée en centrales Step (stations de transfert d'énergie par pompage) très utiles pour absorber les pics de consommation électrique. Ce potentiel Step encore inexploité « est estimé à 2 GW de puissance disponible pour les projets dont EDF a connaissance » et « ne nécessite pas forcément de grands ouvrages », a-t-il relevé.

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La sécheresse menace la production pour 2023

La production hydraulique nette d'EDF a atteint 25 TWh en 2022 en raison de la sécheresse, contre 35,9 TWh en 2021. Et l'avenir ne semble pour le moment pas meilleur puisque l'année 2023 démarre avec un déficit d'eau. « Cela n'affecte pas la quantité d'hydroélectricité produite pour l'instant. Mais si la sécheresse d'hiver dure, cela finira par affecter le potentiel », a précisé le PDG d'EDF.

Pas d'affolement pour le moment, mais l'inquiétude est de mise. « La sécheresse en cours depuis début 2023 appelle à une gestion prudente du stock hydraulique au cours des prochaines semaines afin de conserver un potentiel de flexibilité suffisant pour les prochains mois », soulignait il y a quelques semaines RTE, le gestionnaire du réseau électrique. Il indiquait également que les stocks hydrauliques ont « retrouvé des niveaux proches de la moyenne ».

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Le risque de sécheresse est bien présent en France, qui pourrait connaître de nombreuses restrictions d'eau dès ce mois de mars. Ce serait un scénario inédit si tôt dans l'année. Cela s'explique par un hiver très sec qui a mis en péril le rechargement des nappes phréatiques, déjà épuisées par la sécheresse historique de 2022.

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L'ouverture à la concurrence dans les cartons

Devant la commission, Luc Rémont a également été interrogé sur l'ouverture à la concurrence des concessions hydroélectriques françaises. Depuis le milieu des années 2000, Bruxelles presse la France à ce sujet, suscitant l'inquiétude des syndicats. Les plus grandes concessions sont actuellement gérées par EDF mais aussi Engie, via ses filiales CNR et SHEM.

Le PDG d'EDF s'est montré « confiant » de parvenir à une solution. « Nous devons encore travailler à ce stade à la pérennisation du modèle juridique, je ne suis pas encore au stade où je peux vous dire la solution que nous avons trouvée mais j'y travaille tous les jours », a-t-il dit.

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Plus de craintes pour le reste de l'hiver

Si la France a évité le scénario noir de coupures électriques au cœur de l'hiver, c'est aussi grâce à des importations d'électricité. Car jamais le pays n'a produit aussi peu d'électricité qu'en 2022 sur les 30 dernières années, en raison en grande partie de l'arrêt de nombreux réacteurs nucléaires d'EDF affectés par des problèmes de fissures, d'après le bilan annuel de RTE. La « remontada » du parc nucléaire en fin d'année, couplée à une baisse de la consommation nationale d'électricité par les ménages et les entreprises, a également permis de ne pas connaître de coupures.

Le reste de l'hiver devrait d'ailleurs se passer sans encombre. Le risque de tensions sur le réseau électrique est en effet passé de « moyen » à « faible », selon l'actualisation de mi-février de RTE. « Le risque zéro n'existe pas, mais je dirais qu'on est quasiment sortis d'affaire », a d'ailleurs déclaré son président, Xavier Piechaczyk, le mois dernier.

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Le recours au dispositif d'alerte Ecowatt ne peut toutefois pas être exclu « en cas d'événement climatique de grande envergure (vague de froid tardive et intense) » mais cela « apparaît peu probable vu d'aujourd'hui », complète RTE.

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(Avec AFP)

latribune.fr

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