Rien ne va plus pour « Massylhia », le mégaprojet de TotalEnergies et Engie dans les Bouches-du-Rhône, qui doit bientôt recevoir une importante aide financière de l'Etat. Alors que celui-ci devait déboucher sur le plus grand site de production d'hydrogène « vert » en France - le tout premier, même, à l'échelle industrielle -, en coulisse, les ambitions ont été largement revues à la baisse.
Selon nos informations, le site ne devrait en effet pas dépasser un peu plus de 40 mégawatts (MW) de capacités, et produire environ quinze à vingt tonnes d'hydrogène chaque jour. Soit beaucoup moins que les objectifs affichés jusqu'ici par les deux industriels. Ces derniers promettent toujours d'atteindre une « capacité de 120 mégawatts » et « 45 tonnes » de production journalière dès la mise en service de l'usine, en 2026.
En cause, comme nous l'expliquions il y a quelques semaines : le fournisseur d'électrolyseurs (ces engins qui extraient l'hydrogène de l'eau grâce à un courant électrique), le Belge John Cockerill, rencontrerait d'importants soucis opérationnels. Et notamment dans la gestion de l'intermittence, c'est-à-dire de la variabilité de la production des énergies renouvelables pour alimenter ces machines, censées reposer principalement, pour Masshylia, sur des fermes solaires et éoliennes construites autour de la plateforme de TotalEnergies de La Mède. Et pour cause, ces installations ne fournissent de l'électricité qu'à certains moments, en fonction de la météo, contrairement au gaz ou au nucléaire, par exemple.