La présidente de la plus grande métropole de France - elle fait deux fois le Grand Paris -, également présidente du département des Bouches-du-Rhône, plaide pour une écologie incitative et positive. Quitte à prendre plus de temps pour instaurer des mesures susceptibles de grignoter le pouvoir d'achat des citoyens et des entreprises.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Il y a quelques semaines, un indice de la précarité automobile soulignait l'impact sur les plus précaires de la mise en place au 1er janvier 2025 d'un nouveau critère de la ZFE (Zone de faibles émissions) à Marseille, sachant que plus de 317000 véhicules sont concernés. Qu'est-ce que cela vous inspire?
MARTINE VASSAL - L'étude qui a mené à cet indice de précarité démontre que l'interdiction de circuler concerne une zone où vivent une grande part de ménages aux revenus modestes. J'ai déjà annoncé en début d'année la mise en place, à nouveau, d'une aide de 5000 euros destinée à l'achat d'un véhicule électrique aussi bien pour les habitants que pour les commerçants situés dans le périmètre de la ZFE à Marseille. Nous allons également créer un fonds métropolitain, auquel les autres communes peuvent abonder, qui permettra d'aider les plus précaires à s'équiper. J'appelle le maire de Marseille, Benoît Payan, à nous rejoindre et à abonder également. En attendant - car s'équiper demande du temps -, j'ai décidé de ne pas mettre en application le Crit'Air 3, qui devait entrer en vigueur le 1er janvier 2025 à Marseille. Je le reporte sine die. Il faut du temps, il faut être plus tolérant. Que dit-on au commerçant qui a acquis un nouveau véhicule il y a seulement deux ans? Qu'il peut le jeter? Tout le monde n'a pas la possibilité de s'équiper en véhicule électrique dans un délai aussi court. Et, je le répète, par l'incitation, le citoyen s'empare plus volontiers de l'écologie.