L’étonnante station polaire Tara bientôt mise à flot
Nathalie Jourdan
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La station mesure 26 mètres pour 16 de large et 11 de haut.
NJ
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La station mesure 26 mètres pour 16 de large et 11 de haut.
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Ses concepteurs l'appellent « l'ISS du pôle Nord » tant il est vrai qu'elle ressemble plus à un engin spatial qu'à un navire. Le chantier naval cherbourgeois CMN met, en ce moment, la dernière main à la construction de la station polaire que lui a commandée la fondation Tara Ocean. Laquelle poursuit donc ses expéditions à travers les mers du globe. Sauf imprévu, ce nouveau vaisseau futuriste sera mis à l'eau au cours de la troisième semaine de septembre pour trois mois d'essai, avant de voguer vers l'environnement peu hospitalier de l'océan arctique. En attendant, ses rondeurs détonnent au milieu des coques ultra-profilées des bateaux d'interception, spécialité du groupe normand.
« C'est un chantier d'une telle complexité qu'aucun de nos concurrents français n'a voulu s'y risquer. Ils ont tous renvoyé la fondation vers nous », raconte avec gourmandise son président, Serge Quaranta. L'embarcation conçue par l'architecte breton Olivier Petit a manifestement requis des prouesses. Le maître des lieux explique avoir mobilisé ses « meilleurs soudeurs » pour assembler les épaisses plaques d'aluminium qui carrossent l'ensemble. « Elles font vingt millimètres d'épaisseur contre sept sur les navires que nous construisons habituellement. Il fallait cela pour assurer sa résistance à la pression », précise t-il.
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Financée pour partie par l'Etat via sa stratégie polaire (13 millions d'euros sur 18 au global), la station devra, en effet, être capable de dériver, enserrée dans la glace, jusqu'à 500 jours consécutifs. Le tout par des températures extrêmes comprises en - 20 et - 52°. Autant dire que l'équipage devra avoir les nerfs solides. Pourvue de 12 cabines, Tara pourra embarquer, suivant les saisons, entre 12 et 18 personnes dont la moitié de scientifiques. « Sans aménager un hôtel de luxe, on a veillé à leur confort compte tenu de la durée des séjours », rassure Serge Quaranta dans un sourire.
Nathalie Jourdan