La centrale nucléaire de Three Mile Island renaît pour Microsoft
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La centrale de Three Mile Island en Pennsylvanie va être relancée par l'énergéticien américain Constellation (photo d'illustration).
Wikimedia Commons
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La centrale de Three Mile Island en Pennsylvanie va être relancée par l'énergéticien américain Constellation (photo d'illustration).
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Théâtre du plus grave accident nucléaire de l'histoire des États-Unis, la centrale de Three Mile Island en Pennsylvanie va être relancée par l'énergéticien américain Constellation. Une remise en service qui doit alimenter en électricité Microsoft. Selon un communiqué publié ce vendredi, l'accord signé avec le géant informatique américain porte sur 20 ans et permettra de relancer l'unité 1, qui n'avait pas été touchée par l'accident du 28 mars 1979.
Ce jour, une partie du coeur du réacteur numéro 2 de la centrale fond, entraînant le relâchement dans l'air d'une petite quantité de radioactivité. Un accident classé niveau 5 sur l'échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques. Cette dernière va de 0 à 7, 7 étant l'accident le plus grave. A titre de comparaison, seuls Tchernobyl et Fukushima ont atteint ce dernier niveau. L'unité 1 a pu, elle, reprendre du service dans les années 1980, avant d'être mise hors service prématurément pour des raisons économiques en 2019. La centrale avait alors une capacité de production de 837 mégawatts, suffisante pour alimenter plus de 800.000 foyers, rappelle le communiqué.
Le site, qui devrait créer 3.400 emplois directs et indirects, devrait être opérationnel en 2028. Constellation précise que des investissements importants vont être réalisés pour restaurer le réacteur, notamment la turbine, le générateur et les systèmes de refroidissement. Le redémarrage d'un réacteur nucléaire nécessite au préalable l'approbation de la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis, après un examen complet de la sécurité et de l'environnement.
En juin 2023, Constellation avait déjà signé un accord avec Microsoft pour apporter de l'énergie nucléaire à l'un de ses centres de données, à Boydton, en Virginie. En effet, le développement de l'intelligence artificielle nécessite d'énormes capacités de calcul, assurées par des légions de serveurs informatiques, logés dans des centres de données. La consommation électrique de ces serveurs est colossale et menace de saturer le réseau électrique américain si ses capacités ne sont pas étendues grâce à de nouvelles ressources.
Mercredi, Microsoft a d'ailleurs annoncé s'associer avec le gestionnaire d'actifs BlackRock et d'autres fonds pour investir 100 milliards de dollars dans des infrastructures dédiées au développement de l'IA. Ces fonds seront consacrés à la création ou à l'extension de centres de données ainsi qu'à la construction d'infrastructures de production d'électricité pour les alimenter. Les acteurs du projet ont laissé entendre que la priorité serait donnée aux énergies renouvelables.
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Une course effrénée s'est en effet engagée pour prendre l'ascendant dans l'IA, notamment générative, depuis le lancement de l'interface ChatGPT par OpenAI, en novembre 2022. Cette technologie est capable de générer du texte, des images et d'autres contenus sur simple requête en langage courant. Seule une poignée de géants technologiques ont la capacité de consacrer les sommes nécessaires pour devenir un acteur légitime.
Au cours de ces derniers mois, le groupe informatique américain a ainsi annoncé des investissements d'ampleur au sein de plusieurs pays du globe. En France, par exemple, Microsoft a promis d'investir 4 milliards d'euros.
Tombé en disgrâce après la catastrophe de la centrale japonaise de Fukushima en 2011, le nucléaire, énergie peu émettrice de CO2, comme l'éolien et le solaire, connaît un regain d'intérêt dans le monde, poussé par les impératifs climatiques et de sécurité énergétique. Selon l'AIE, l'agence pour l'énergie de l'OCDE, il faudrait plus que doubler les capacités nucléaires dans le monde d'ici 2050.
En 2023, seuls cinq nouveaux réacteurs représentant une capacité totale de 5 GW ont été mis en service dans le monde, tandis que cinq unités ont été fermées, selon un rapport sur l'état de l'industrie nucléaire publié jeudi. L'an dernier, un autre projet de réouverture de centrale nucléaire a été annoncé, cette fois-ci par la société américaine Holtec, qui envisage de redémarrer sa centrale de Palisades, fermée en 2022.
Dans ce contexte, une quinzaine de ministres de pays pro-nucléaires se réunissent à Paris jeudi et ce vendredi pour une conférence internationale, sous l'égide de l'OCDE et du gouvernement suédois, destinée à mettre « en action » la relance du nucléaire, afin de tenir les objectifs climatiques mondiaux. Cette seconde édition de « Roadmaps to New Nuclear 2024 » (Feuilles de route pour le nouveau nucléaire) entend examiner les « moyens concrets d'honorer les engagements pris au niveau mondial afin d'accroître la production d'énergie nucléaire pour lutter contre le changement climatique ».
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Une quinzaine de pays sont représentés - Etats-Unis, Canada, Japon, Corée du Sud, membres de l'Union européenne (France, Pologne, Bulgarie, Hongrie, Estonie, République tchèque), Ghana, ainsi que des industriels du nucléaire (EDF, Orano) et des acteurs des petits réacteurs modulaires (SMR).
(Avec AFP)
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