L'industrie de l'atome civil peut désormais compter sur un nouveau lobby pour défendre ses intérêts à Bruxelles. A côté de l'alliance rassemblant une quinzaine d'Etats membres en faveur du nucléaire, créé à l'initiative d'Agnès Pannier-Runacher, à l'époque ministre tricolore de l'Énergie, quatorze organisations patronales ont décidé de s'unir dans le cadre d'une opération de « diplomatie économique .
Objectif : s'assurer que la Commission européenne applique le principe de neutralité technologique en matière de politique énergétique. Autrement dit, qu'elle traite la fission de l'uranium sur le même plan que les autres énergies décarbonées. Ce qui n'est pas le cas actuellement. « Il faut que l'Union européenne arrête de faire du micro management et de préempter certaines solutions technologiques », a lancé, lors d'une conférence de presse mercredi, Patrick Martin, le président du Medef, à l'initiative de cette coalition.
Dans le détail, les organisations patronales belge, bulgare, croate, danoise, finlandaise, hongroise, italienne, polonaise, roumaine, slovaque, suédoise, tchèque ont répondu présentes à cet appel. Idem pour la CBI britannique, même si le Royaume-Uni ne fait plus partie de l'UE. L'Espagne, la Grèce, l'Irlande, les Pays-bas et le Portugal se positionnent eux comme « observateurs » de l'initiative. Sans surprise, le BDI allemand demeure absent, alors qu'à l'échelle nationale Berlin reste fermement opposé au soutien de l'UE à l'énergie atomique.
« L'Europe est à un stade où elle doit mieux prendre en compte les aspirations des entreprises », a expliqué Patrick Martin. Pour les membres de cette nouvelle alliance, le nucléaire constitue un atout majeur afin de concilier l'objectif de décarbonation du continent « avec l'impérieuse nécessité de regagner en souveraineté et en compétitivité ». Et ce particulièrement dans un contexte où « certaines puissances sont prêtes à ne plus respecter les règles du commerce international », a pointé le président du Medef en faisant allusion aux multiples hausses douanières qu'entend appliquer Donald Trump.