Magma, la start-up normande à l'avant-garde de l'algoculture
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Magma s'est spécialisée dans la culture de macro-algues, celles visibles à l'oeil nu dans la mer.
DR
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Magma s'est spécialisée dans la culture de macro-algues, celles visibles à l'oeil nu dans la mer.
DR
Cultiver des algues à terre ou les récolter à l'état sauvage en mer. Entre ces deux options, la France, riche d'une longue tradition goémonière (la récolte d'algues), a toujours privilégié la seconde. Aujourd'hui comme hier, l'immense majorité des algues produites dans l'Hexagone provient du large. Mais le vent commence à tourner. Sous l'impulsion d'une poignée de jeunes entrepreneurs biberonnés à l'économie durable, l'algoculture creuse son sillon. Fondatrice de la start-up Magma Seaweed, Sophie Perdriel est l'une des représentantes de cette avant-garde.
Depuis trois ans, l'ancienne consultante en investissement responsable a troqué le tailleur pour les bottes de pêcheur et les bureaux feutrés de PWC au Luxembourg pour le vivifiant littoral normand. Fille et petite-fille d'ostréiculteur, elle est revenue sur les terres de son enfance avec un but. Cultiver à grande échelle ces macro-algues (celles visibles à l'œil nu dans la mer) dans lesquelles l'industrie de la cosmétique ou des compléments alimentaires voient un nouvel "or vert". « L'explosion de la demande soumet la biodiversité marine à trop forte pression, argumente t-elle. C'est pourquoi je défends la culture d'algues terrestres de préférence à la récolte traditionnelle ».
L'analyse est de plus en plus partagée. En 2023, l'UE a adopté un plan qui promeut l'algoculture après avoir calculé que la consommation d'algues sur le Vieux continent atteindrait 8 millions de tonnes en 2030. Soit trente fois celle d'aujourd'hui ! En début d'année, la France s'est dotée à son tour d'une « feuille de route pour le développement des filières algales », au nom de la souveraineté alimentaire nationale. De quoi rassurer la fondatrice de Magma. « C'est une activité qui demande de gros investissements », rappelle t-elle à toutes fins utiles.
À lire également
Pour l'heure, sa société (qui ne génère pas encore de chiffre d'affaires) est hébergée dans les laboratoires du SMEL dans la Manche. Pas le plus mauvais des choix à première vue. Ce centre technique est reconnu depuis une bonne trentaine d'années pour son expertise de pointe dans les cultures marines. Sophie Perdriel y entretient sa banque de souches et y peaufine sa technique dans des bassins d'essais. A ce stade, elle concentre ses expériences sur deux variétés d'algues prisées de l'industrie : l'Ulve communément appelée laitue de mer « une mine d'or nutritionnelle » et la Dulse, appréciée des chefs pour sa saveur umami.
Nathalie Jourdan