Marché carbone : la France, loin d’être prête à l'augmentation des tarifs
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ERIC GAILLARD
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Une bombe sociale à retardement ? Tandis que se sont achevés les débats sur le budget de l'État en 2025, un autre dispositif chamboulera bientôt la fiscalité sur l'énergie : la réforme du marché du carbone européen. En vertu d'une directive adoptée en 2023, les ménages devront, dès 2027, payer pour leurs activités polluantes dans les secteurs de la route et du logement. Au risque d'entraîner une hausse généralisée des prix de l'essence et du gaz, afin d'inciter les particuliers à s'en détourner rapidement.
Seulement voilà : selon nos informations, l'exécutif ne s'est pas du tout préparé aux impacts sociaux d'un tel mécanisme. « Nous sommes en retard, les discussions n'ont pas vraiment commencé entre cabinets », glisse à La Tribune une source gouvernementale. « Tout ça n'est pas encore arbitré », abonde-t-on dans un autre ministère.
Or, en théorie, l'Hexagone doit envoyer dès juin prochain à la Commission européenne son « plan social pour le climat », lequel doit préciser la manière d'accompagner les usagers les plus exposés. Mais, crise politique oblige, le sujet n'a pas trouvé sa place parmi les dossiers à traiter. Pire : la France n'a toujours pas ratifié la directive en question, étape obligatoire, alors même que l'échéance était fixée à novembre 2024.
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Pourtant, les retombées s'annoncent importantes. Aujourd'hui, le système de « marché carbone » concerne uniquement les industriels : pour les encourager à réduire leurs rejets de gaz à effet de serre, ceux-ci doivent acheter, depuis 2005, des « permis à polluer » qui couvrent 40 % des émissions du Vieux continent, et dont le nombre diminue chaque année.