Nucléaire : Orano en passe d’exploiter en Mongolie l’une des plus importantes mines d’uranium du monde
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fait suite au pilote industriel déployé « avec succès » par
Oranoentre 2021 et 2022, selon le groupe français.
Petit pays de trois millions d'habitants enclavé entre la Chine et la Russie, la Mongolie recèle de métaux critiques et de terres rares nécessaires à la transition énergétique. Même si elle entretient de bonnes relations avec Pékin et Moscou, la Mongolie poursuit une stratégie dite de « troisième voisin » qui consiste à nouer également des liens étroits avec d'autres nations.
Au moment de la signature ce jeudi, le président français a salué « un partenariat privilégié entre nos deux pays fondé sur le renforcement de la souveraineté et un même attachement aux valeurs universelles et à la démocratie ».
Fin juin, Emmanuel Macron s'était rendu en Mongolie où il avait promu un partenariat axé sur l'énergie avec la Mongolie qui suscite l'intérêt des Occidentaux. « Le partenariat avec Orano est un élément structurant », « cela permettra d'extraire des métaux critiques extrêmement importants », avait-il indiqué, en évoquant sa quête de « souveraineté énergétique » pour la France.
Paris s'était engagé à faciliter le financement de la transition écologique de la Mongolie avec des coopérations sur les énergies renouvelables et le nucléaire. Le pays semi-désertique, soumis à des températures extrêmes, est particulièrement vulnérable au changement climatique. Qui plus est, il est dépendant à 90% du charbon pour son électricité et a donc besoin de décarboner son économie. Actuellement, 86% des exportations totales de la Mongolie, toutes marchandises confondues, ont la Chine pour destination. La moitié de ces achats chinois sont du charbon.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Pour rappel, trois pays, le Niger, le Canada et le Kazakhstan fournissent l'essentiel de l'uranium naturel européen. En 2022, ces trois pays ont en effet fourni 74,19 % de l'uranium naturel de l'UE. Sur la période 2005-2020, le Niger a été le troisième fournisseur d'uranium naturel à la France, contribuant pour 19% de ses approvisionnements, derrière le Kazakhstan et l'Australie et devant l'Ouzbékistan, selon des données du comité technique Euratom. L'exploitant nucléaire EDF « a depuis une bonne dizaine d'années suivi une stratégie de diversification de son portefeuille d'approvisionnement », se tournant « vers des pays d'Asie centrale comme l'Ouzbékistan et le Kazakhstan et l'Australie », soulignait en juin, Teva Meyer, chercheur spécialiste du nucléaire civil à l'université de Haute Alsace à Mulhouse. La diversification des matières nucléaires est l'une des recommandations récurrentes et de longue date de l'Agence d'approvisionnement d'Euratom.
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Au-delà de cette politique de diversification, le groupe français EDF a mis en œuvre « une politique de gestion des stocks couvrant plusieurs années et développe le recyclage du combustible usé », indiquait cet été le ministère au moment de la crise au Niger. « On a trois ans de combustible enrichi sur notre territoire (en France) donc il n'y a aucun risque d'approvisionnement », soulignait aussi Nicolas Goldberg, expert en énergie du cabinet Colombus Consulting. « Entre le moment où l'uranium est extrait et le moment où il est utilisé en combustible dans une centrale, il peut se passer des années car les étapes de transformation sont nombreuses », expliquait Teva Meyer. Pour être utilisable dans un réacteur, l'uranium naturel doit en effet être purifié, converti et enrichi. Selon Teva Meyer, « la France comme l'Europe dispose en outre de stocks stratégiques d'uranium à toutes les étapes de la transformation, l'équivalent de deux années de consommation ».
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