Les Etats-Unis veulent en finir avec leur dépendance à l'uranium enrichi russe
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Dans les diverses sanctions imposées à la Russie, il y a des exceptions. Ainsi, le contrat de l'industrie nucléaire des Etats-Unis passé avec le géant russe Rosatom n'a jamais fait l'objet d'une dénonciation, comme le pétrole, le charbon, la vodka ou encore le caviar.
Les 92 réacteurs des centrales nucléaires outre-Atlantique, qui fournissent quelques 20% de l'électricité du pays, ont en effet besoin de l'uranium enrichi importé de Russie, pour pratiquement un quart de leurs besoins. Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, s'en est régulièrement ému, sans obtenir satisfaction pour le moment.
Et pour cause, ces importations des Etats-Unis et des pays européens, dont la France, financent l'effort de guerre contre l'Ukraine. En 2022, elles ont rapporté 1,7 milliard de dollars à la Russie, selon des sources citées par Associated Press. Sur ce montant, les Etats-Unis ont versé 871 millions de dollars. Le géant russe nucléaire Rosatom est le premier fournisseur mondial d'uranium enrichi. Maîtrisant l'ensemble de la chaîne du minerai d'uranium jusqu'à la construction de réacteurs et de centrales nucléaires, il occupe une place centrale sur ce marché en fournissant la moitié de l'offre mondiale d'uranium enrichi, non seulement aux Etats-Unis, mais aussi à des pays européens et asiatiques.
Néanmoins, contrairement à l'Union européenne, Washington a décidé de limiter au plus vite son exposition à Rosatom. Jusqu'à récemment, le Russian Suspension Act stipulait que les importations russes de ce combustible ne devraient pas dépasser 15% d'ici à 2030, contre 28% en 2021. Mais ces dernières semaines, l'administration Biden a révisé son objectif en décidant de cesser dès 2025 ses importations russes.
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Les centrales nucléaires américaines sont effet très dépendantes de l'uranium enrichi russe. Elles ne disposent que de 18 mois de réserves du combustible. Si Vladimir Poutine décidait de réduire ou de suspendre ses livraisons, cela perturberait la production d'électricité outre-Atlantique, même si jusqu'à aujourd'hui, le Kremlin n'a jamais agité une telle menace publiquement.
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