Pétrole : l'Opep anticipe une hausse de la demande grâce aux transports
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Dans le même temps, les craintes sont de plus en plus fortes quant à une offre mondiale de pétrole trop importante.
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Dans le même temps, les craintes sont de plus en plus fortes quant à une offre mondiale de pétrole trop importante.
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Le pétrole a toujours de beaux jours devant lui. C'est en tout cas ce qu'estime l'Opep, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, ce mercredi. Selon son dernier rapport mensuel, la consommation atteindra 105,1 millions de barils par jour en 2025, puis 106,6 millions en 2026. Ces chiffres dépassent les 103,75 millions de barils quotidiens estimés pour 2024.
La hausse de la demande sera surtout tirée par les pays qui ne font pas partie de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La demande de ces États progressera de 1,3 million de barils par jour notamment grâce à la Chine, l'Inde, le Moyen-Orient et l'Amérique latine. Les pays de l'OCDE ne prendront, eux, qu'une faible part à cette hausse de la demande, avec seulement 0,1 million de barils par jour supplémentaire. Parmi eux, aux États-Unis, la « dynamique économique robuste » du dernier trimestre 2024 devrait « se poursuivre en 2025 » et permettre à la demande de se relever légèrement, estime l'organisation. 35 000 barils supplémentaires sont ainsi attendus au premier trimestre 2025.
D'un point de vue sectoriel, cette croissance de la demande sera portée par les transports. L'Opep anticipe ainsi « une forte demande » concernant le transport aérien et une croissance robuste des transports routiers. La demande s'appuiera aussi sur « les secteurs industriels, agricole, et du BTP », ajoute-t-elle.
Dans le même temps, les craintes sont de plus en plus fortes quant à une offre mondiale de pétrole trop importante. « Nous continuons à voir arriver sur le marché une quantité importante de nouveaux produits, que ce soit aux États-Unis, au Canada ou en Guyane », a indiqué Andy Lipow, de Lipow Oil Associates. À cela s'ajoute « un volume important de réserves de la part de l'Opep+ », l'Opep associée à ses alliés.
Le cartel dispose actuellement d'une capacité inexploitée de production de près de six millions de barils par jour et a décidé au début du mois de maintenir son calendrier d'augmentation de production. D'après le plan actuel, une première tranche de 2,2 millions de barils quotidiens doit être graduellement remise sur le marché chaque mois à partir d'avril, à hauteur de 120 000 barils par jour supplémentaires, pendant 18 mois.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

L'Opep+ avait repoussé à plusieurs reprises la réintroduction de ces volumes, qui correspondent aux coupes de production volontaires supplémentaires consenties par huit pays — dont l'Arabie saoudite et la Russie. La décision de ne pas reporter l'échéance une nouvelle fois, malgré des cours de l'or noir qui stagnent autour de 75 dollars le baril, a été prise après des déclarations du président américain Donald Trump invitant l'organisation et ses alliés à augmenter leur production pour faire reculer les prix.
C'est aussi, pour certains analystes, un signe de prudence face aux nombreuses incertitudes du marché, entre droits de douane imposés par les États-Unis à ses principaux partenaires commerciaux, nouvelles sanctions contre le secteur énergétique russe et difficultés des économies chinoise et européenne.
En plus de ces barils supplémentaires du cartel, d'autres devraient être mis sur le marché par les États-Unis. L'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) s'attend en effet désormais à ce que la production américaine de pétrole brut, déjà premier producteur mondial, atteigne cette année un « record » supérieur à celui ultérieurement prévu.
Elle table sur une moyenne de 13,59 millions de barils par jour en 2025, contre 13,55 millions lors de son estimation précédente. Les réserves ont d'ailleurs augmenté plus vite que prévu la semaine dernière : elles ont progressé de 4,1 millions de barils, alors que les analystes tablaient sur une hausse d'environ 2,3 millions, d'après la médiane d'un consensus établi par l'agence Bloomberg.
Des hausses devraient provoquer un surplus d'offre et conduire à une baisse des prix du brut. C'est justement l'objectif visé par Donald Trump, qui a promis à plusieurs reprises de « forer à tout-va », répétant à l'envi son fameux slogan « drill baby drill » lors de sa campagne et jusqu'à son discours d'investiture. Or, des prix bas risquent de dissuader les producteurs américains à produire davantage.
Ce mercredi en tout cas, en milieu de journée, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en avril, perdait 0,95% à 76,27 dollars. Et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mars, chutait de 1,15% à 72,48 dollars. Loin des objectifs de l'Opep, comme l'a récemment expliqué à La Tribune, Thierry Bros, expert énergie et professeur à Sciences Po.
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L'organisation vise « un prix de l'ordre de 80 à 90 dollars par baril : au-delà de 90, cela permettrait à la transition énergétique de se faire plus rapidement et en dessous de 80, ça n'équilibre pas leurs comptes ». Reste que, compte tenu de l'instabilité géopolitique actuelle, tout peut changer très vite.
(Avec AFP)
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