Pétrole : le bénéfice du géant saoudien Aramco baisse de plus de 3%
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Le géant pétrolier saoudien Aramco a annoncé ce mardi un bénéfice net de 29,07 milliards de dollars au deuxième trimestre.
Benoit Tessier
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Le géant pétrolier saoudien Aramco a annoncé ce mardi un bénéfice net de 29,07 milliards de dollars au deuxième trimestre.
Benoit Tessier
[Article publié le mardi 06 août 2024 à 13h11 et mis à jour à 13h25] Le géant pétrolier saoudien Aramco a annoncé ce mardi un bénéfice net de 29,07 milliards de dollars au deuxième trimestre, en légère baisse par rapport à la même période de l'année dernière.
En effet, l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, produit actuellement environ neuf millions de barils par jour (mbj), bien en deçà de sa capacité de 12 mbj. Dans le détail, la production s'est élevée en moyenne à 8,8 mbj en juin, a indiqué la semaine dernière la société de consultants Jadwa Investment, basée à Ryad.
Ce chiffre relativement bas reflète des réductions remontant à octobre 2022, lorsque le bloc des producteurs de pétrole Opep+, que Ryad codirige avec Moscou, a annoncé qu'il réduirait sa production de deux mbj pour faire remonter les prix. En avril 2023, plusieurs membres de l'Opep+ ont annoncé qu'ils réduiraient encore leur production de plus d'un mbj, et en juin 2023, Ryad a annoncé une réduction volontaire supplémentaire d'un mbj.
Le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué en avril que, compte tenu des niveaux de production actuels, le seuil de rentabilité budgétaire de l'Arabie saoudite serait de 96,2 dollars le baril en 2024. Pourtant, le directeur général d'Aramco, Amin Nasser, a déclaré mardi aux journalistes qu'Aramco restait « positive quant à la demande mondiale », soulignant la « forte » demande de la Chine.
Le Brent s'échangeait à 76,43 dollars le baril mardi, après la baisse des marchés boursiers lundi, alimentée par les craintes de récession aux Etats-Unis.
Aramco est le joyau de l'économie saoudienne et la principale source de revenus du programme de réformes Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane, qui vise à préparer le royaume à l'après-pétrole. Pour rappel, l'introduction partielle en bourse d'Aramco en 2019, la plus importante de l'histoire, a permis de lever 29,4 milliards de dollars, et une offre secondaire cette année de près de 1,7 milliard d'actions a rapporté 12,35 milliards de dollars. La participation du gouvernement dans Aramco, l'une des plus grandes entreprises au monde en termes de capitalisation boursière, est d'environ 81,5%.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Aramco a même annoncé l'année dernière qu'elle commencerait à verser un dividende basé sur la performance en plus de son dividende de base. En mai, la société a annoncé le versement d'un dividende de base pour le premier trimestre d'un montant total de 20,3 milliards de dollars et d'un dividende lié à la performance de 10,8 milliards de dollars qui sera versé au cours du deuxième trimestre.
En 2022, le groupe pétrolier a, par ailleurs, enregistré des bénéfices records en 2022 après que l'invasion de l'Ukraine par la Russie a fait grimper les prix du pétrole, permettant à l'Arabie saoudite d'enregistrer son premier excédent budgétaire en près de dix ans.
Mais Aramco a vu ses bénéfices chuter d'un quart l'année dernière en raison de la baisse des prix du pétrole et des réductions de production, et les bénéfices du premier trimestre de cette année ont baissé de 14,5%.
En janvier, Aramco a déclaré avoir reçu l'ordre d'abandonner un plan visant à augmenter sa capacité de production à 13 mbj, contre 12 mbj actuellement.
Les analystes ont déclaré que cette annonce surprise pourrait refléter un doute sur la demande, bien que le ministre de l'Energie, le prince Abdelaziz ben Salmane, ait déclaré qu'elle était motivée par la transition vers des carburants plus propres.
En effet, l'Arabie saoudite s'est engagée à réduire à zéro ses émissions de carbone d'ici à 2060, un engagement qui a suscité le scepticisme des défenseurs de l'environnement. De son côté, Aramco à promis d'atteindre des émissions de carbone zéro d'ici 2050, ce qui n'inclut pas les émissions des clients qui utilisent ses produits. Mais Amin Nasser a estimé mardi que la demande de pétrole et de gaz « n'atteindra pas son maximum de sitôt, étant donné le rôle vital que les hydrocarbures continuent de jouer dans l'économie mondiale ».
Néanmoins, Aramco n'est pas la seule major à souffrir d'un affaiblissement de ses marges. Car après deux belles années, les résultats des pétroliers sont davantage revenus à la normale.
En France, la quatrième major pétrogazière TotalEnergies a terminé le second trimestre sur un recul de 7% de son bénéfice, à 3,8 milliards d'euros, en deçà des prévisions des analystes, en plus d'un repli des ventes et du prix du gaz.
Ses voisins britanniques, Shell et BP, ont subi le même sort. Le premier a dévoilé un bénéfice en repli au premier semestre à cause de lourds amortissements et charges comptables mais aussi de marges sous pression pour le raffinage, la production et la vente d'hydrocarbures. Le bénéfice net part du groupe a ainsi reculé de 8% sur un an au premier semestre à 10,9 milliards de dollars. Le deuxième voit son bénéfice net en recul de 79% sur un an à 2,1 milliards de dollars à cause de dépréciations d'actifs et également de marges de raffinage en repli.
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Outre-Atlantique, Chevron a été davantage impacté par la baisse de ses marges sur le raffinage : le groupe américain a annoncé un bénéfice net en repli de 26% au deuxième trimestre. Des résultats à l'opposé de son concurrent, Exxon Mobil. Grâce à un record de production, il a réussi à échapper au destin de ses grands concurrents mondiaux dont les résultats ont été plombés.
(Avec AFP)
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