Sanctions américaines : le pétrole passe au-dessus des 80 dollars
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Le gouvernement américain sortant aux Etats-Unis a annoncé vendredi avoir pris de nouvelles sanctions contre le secteur énergétique russe.
Dado Ruvic
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Le gouvernement américain sortant aux Etats-Unis a annoncé vendredi avoir pris de nouvelles sanctions contre le secteur énergétique russe.
Dado Ruvic
Les cours du pétrole ont bondi ce vendredi, anticipant les annonces du gouvernement américain sur de nouvelles sanctions à l'égard des Etats-Unis. Le baril de Brent dépassait ainsi les 80 dollars. Il est néanmoins redescendu par la suite. Vers 17h30, le prix du baril de Brent de la mer du Nord montait de 2,22% à 78,91 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, augmentait de 2,09% à 75,85 dollars.
Les cours du pétrole étaient déjà en hausse depuis plusieurs semaines, en particulier ces derniers jours du fait d'un temps très froid aux États-Unis, « ce qui devrait entraîner une augmentation de la demande en combustibles de chauffage », rapporte John Plassard, analyste chez Mirabaud. En outre, le marché a assisté cette semaine à la « septième baisse hebdomadaire consécutive des stocks de pétrole brut aux États-Unis », ajoute l'analyste, ce qui tend à faire grimper les prix sur le marché. Selon Bjarne Schieldrop de SEB, « la force actuelle du pétrole n'est peut-être pas qu'un simple feu de paille et pourrait durer ».
Sans compter que les nouvelles sanctions américaines pourraient réduire considérablement la disponibilité du pétrole russe à court terme. Une perspective qui a donc fait grimper les cours.
Les Etats-Unis ont, en effet, annoncé avoir pris de nouvelles sanctions afin de saper « la plus grande source de financement du Kremlin » mise au service de l'effort de guerre en Ukraine. A quelques jours de l'investiture, le 20 janvier, de Donald Trump, le département du Trésor a détaillé une série de sanctions visant notamment deux des principales sociétés russes du secteur, Gazprom Neft et Sourgoutneftegaz.
Elles concernent également près de 200 pétroliers et méthaniers opérant depuis la Russie et présentés comme faisant partie de la « flotte fantôme » de Moscou et sont prises en coopération avec le Royaume-Uni, a précisé le gouvernement américain. Un certain nombre des navires ciblés sont cependant enregistrés sous pavillon de la Barbade et du Panama.
« Les Etats-Unis prennent des mesures radicales à l'encontre d'une source de revenus essentielle de la guerre brutale et illégale menée par la Russie en Ukraine. Elles viennent renforcer notre souci, depuis le début du conflit, de perturber les revenus du Kremlin issus de ce secteur, notamment avec la mise en place d'un prix-plafond », a souligné la secrétaire au Trésor sortante, Janet Yellen, citée dans le communiqué.
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De son côté, Gazprom Neft, filiale du grand groupe étatique Gazprom, a dénoncé vendredi la mise en place de telles sanctions : « Gazprom Neft considère que la décision d'inclure ses actifs dans la liste des sanctions américaines est injustifiée et illégitime », a indiqué l'entreprise, citée par les agences de presse russes.
Au-delà des producteurs et des navires, les sanctions visent également l'ensemble de la filière, ciblant notamment un certain nombre d'intermédiaires, de fournisseurs de services sur les champs pétroliers ainsi que des responsables politiques du secteur. Elles passent également par l'interdiction de la fourniture de services proposés par des entreprises américaines spécialisées dans le secteur pétrolier à destination des entreprises visées. Comme par exemple l'assistance à l'extraction et à la production des produits pétroliers. Une interdiction qui entrera en vigueur le 27 janvier prochain, a précisé le département du Trésor.
Les sanctions, notamment concernant les 200 navires, sont présentées comme étant « sans précédent » par un responsable américain, lors d'un échange avec la presse, qui a précisé qu'elles concernaient bien également « des dizaines de courtiers ». « Si ces mesures sont pleinement mises en oeuvre, elles affaibliront les recettes de la Russie et lui coûteront plusieurs milliards de dollars par mois », a-t-il ajouté.
Plus largement, les Etats-Unis se donnent la possibilité d'« imposer des sanctions à toute personne qui souhaite opérer ou a opéré dans le secteur énergétique russe », selon le communiqué du ministère.
Ces sanctions viennent s'ajouter à celles, nombreuses, déjà mises en place, notamment l'introduction d'un prix plafonné pour le pétrole russe de décembre 2022. Washington avait également annoncé le 21 novembre dernier une série de restrictions visant une cinquantaine d'établissements bancaires russes, dont la filiale financière de Gazprom, Gazprombank, afin de réduire déjà les revenus issus de la vente des hydrocarbures.
Interrogé sur le sort de ces sanctions sous le prochain gouvernement, le haut responsable a, par ailleurs, estimé que c'était « totalement de son ressort de décider si, quand et dans quelles conditions il pourrait lever les sanctions » mises en place. Il a ajouté dans la foulée que ces mesures fourniraient - en affaiblissant Moscou - un « levier significatif » tant à l'administration Trump qu'à l'Ukraine « pour négocier une paix juste et durable ».
D'après lui, l'économie américaine était en capacité désormais de résister au risque inflationniste de telles sanctions, grâce à une forme d'« abondance » en matière d'offre énergétique dans le pays.
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A l'inverse, Washington espère que les sanctions affaibliront davantage l'économie russe « où l'inflation a déjà grimpé à près de 10% ». D'autant que les sanctions entraînent le gel des avoirs détenus directement ou indirectement par les entreprises visées aux Etats-Unis ainsi que l'interdiction pour des entreprises basées aux Etats-Unis, ou des citoyens américains, de commercer avec ces cibles des sanctions, au risque d'être sanctionnés à leur tour. Elles viennent aussi, de fait, compliquer les échanges commerciaux des entreprises sous sanctions, en limitant leur possibilité d'utiliser le dollar dans leurs transactions, au risque de tomber sous juridiction américaine.
(Avec AFP)
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