Guerre en Ukraine: nouveau train de sanctions de l'UE contre la Russie
latribune.fr
Ces sanctions, dont l’objectif est d’affaiblir la machine de guerre russe, sont l'un des enjeux des négociations sur un règlement du conflit entre l'Ukraine et la Russie.
L’Union européenne a annoncé ce lundi un seizième volet de représailles économiques contre Moscou, ainsi qu’une nouvelle aide de 3,5 milliards d’euros pour Kiev, à l’occasion du troisième anniversaire du début du conflit ukrainien.
[Article publié le lundi 24 février 2025 à 11h11, mis à jour à 16h16] Les Vingt-Sept serrent un peu plus la vis à l'encontre de la Russie. Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont adopté un nouveau train de sanctions à destination de Moscou - le seizième - ce lundi. Un jour qui n'a pas été choisi au hasard puisqu'il s'agit du troisième anniversaire de l'invasion russe en Ukraine, qui a démarré le 24 février 2022.
« Depuis trois ans, la Russie bombarde sans relâche l'Ukraine, espérant s'approprier des terres qui ne lui appartiennent pas. Chaque paquet de sanctions prive le Kremlin des fonds nécessaires pour mener cette guerre », a déclaré la cheffe de la diplomatie de l'UE, l'Estonienne Kaja Kallas, dans un communiqué ce lundi.
Pétroliers« fantômes »,aluminium, banques...
Ces nouvelles sanctions, dont l'objectif est d'affaiblir la machine de guerre russe, ciblent notamment 73 nouveaux pétroliers « fantômes ». Car ils sont utilisés par la Moscou pour contourner les sanctions déjà existantes, destinées à limiter les exportations de pétrole russe.
Les mesures comprennent également une interdiction d'importer de l'aluminium russe dans l'UE. « Cette nouvelle série de sanctions ne vise pas seulement la flotte fantôme russe, mais aussi ceux qui soutiennent l'exploitation de pétroliers dangereux, les manettes de jeux vidéo servant à piloter des drones, les banques utilisées pour contourner nos sanctions, et les organes de propagande mis à profit pour répandre des mensonges », a précisé Kaja Kallas.
En parallèle de ces nouvelles sanctions, la présidente de la Commission européenne a annoncé ce lundi matin l'octroi d'une nouvelle aide de 3,5 milliards d'euros pour l'Ukraine. Plus tard dans la journée, Kaja Kallas a aussi proposé que les 27 s'engagent à fournir de nouvelles armes dès que possible, notamment des missiles, des systèmes de défense antiaérienne et des obus d'artillerie. « Les détails, en particulier les montants, seront décidés et discutés lors du sommet européen extraordinaire du 6 mars prochain », a-t-elle précisé.
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Volte-face américaine
Ces annonces interviennent alors que des négociations sur un règlement de ce conflit vont s'ouvrir. Elles n'auront toutefois lieu pour le moment qu'entre les États-Unis et la Russie, en tenant l'Ukraine et l'Union européenne à distance. Washington prépare ainsi un sommet entre les deux présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine.
Plus globalement, depuis son entretien téléphonique avec Vladimir Poutine le 12 février, Donald Trump a complètement renversé la position des États-Unis à propos du conflit en Ukraine. Cette volte-face américaine, après trois années de soutien militaire ininterrompu, a abasourdi un grand nombre d'Ukrainiens. Ils redoutent désormais que leur pays soit forcé d'accepter des concessions territoriales, en échange d'un cessez-le-feu.
Pour le moment, le point clé de la négociation est un accès aux minerais stratégiques de l'Ukraine par les USA. Car depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a martelé son souhait de « récupérer » le montant de l'aide fournie à l'Ukraine depuis le début de la guerre. « Les équipes ukrainienne et américaine sont en phase finale des négociations concernant [cet] accord », a ainsi indiqué ce lundi la vice-première ministre ukrainienne, Olga Stefanichyna, sur le réseau social X.
Le gouvernement britannique a annoncé ce lundi plus d'une centaine de nouvelles sanctions contre des personnes et entités en Russie et dans d'autres pays, dont la Chine ou la Corée du Nord, accusées de « continuer à soutenir l'invasion » russe de l'Ukraine.
Parmi les cibles de ces nouvelles sanctions, figurent ainsi des entreprises produisant des équipements, en particulier électroniques, utilisés par l'armée russe. Ces entités sont basées « dans une série de pays, notamment des États d'Asie centrale, en Turquie, Thaïlande, Inde et Chine », détaille le ministère des Affaires étrangères.
Une quarantaine de navires, accusés de faire partie de la « flotte fantôme » transportant du gaz russe sont aussi visés, portant à 133 le total de tankers désormais visés par Londres.