Pourquoi le prix de l'eau va fortement augmenter dans le grand Ouest
Florence Falvy
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Le bassin Loire-Bretagne couvre 155.000 kilomètres carrés, soit 28% du territoire métropolitain, avec 2.600 kilomètres de côtes. Il concerne plus de 7.000 communes, 336 communautés de communes, 36 départements et près de 13 millions d’habitants.
Conservatoire du Littoral, projets « Life Adapto ».
L'agence de l’eau Loire-Bretagne, l’un des six grands bassins en France métropolitaine, vient de lancer un programme d’intervention chiffré à 2,4 milliards d’euros. Une enveloppe à laquelle vont devoir largement contribuer les usagers de l’eau.
2025 marque l'entrée en vigueur d'une révision qui aura mis du temps à se concrétiser : celle des redevances des agences de l'eau. Inscrite dans la loi de finances pour 2024, cette réforme prévoit notamment d'« accroître les capacités financières des Agences de l'eau » pour financer les mesures du plan Eau et pour « accompagner plus vite et plus fortement (aides et subventions) les territoires et les acteurs économiques face à l'urgence climatique », comme l'explique la plaquette dédiée au sujet.
Depuis le 1er janvier, avec le PLF 2024, le nombre de redevances prélevées sur les consommations d'eau est ainsi passé de trois à quatre. Et dans le lot : deux nouvelles redevances dites « de performance » et non négligeables. Avec elles, c'est un nouveau système, s'appuyant sur « le principe du pollueur-payeur », qui se met en place.
Comme ailleurs, cette réforme s'est appliquée sur le bassin Loire-Bretagne, qui couvre 155.000 kilomètres carrés, soit 28% du territoire métropolitain. Ici l'Agence de l'eau Loire-Bretagne va appliquer « une hausse du taux de redevancede 21% au cours des six prochaines années », indique Valéry Morard, le directeur général adjoint de la structure.
Cette hausse vise à soutenir son douzième programme 2025-2030, qui prévoit 2,43 milliards d'euros d'actions (contre 2,1 milliards d'euros pour le précédent programme), et à améliorer l'état de la ressource en eau. Il faut dire que, sur ce territoire, seules 24% des masses d'eau sont en bon état quand l'objectif est d'atteindre 61% dans les deux ans à venir.
Cette hausse de la fiscalité doit permettre à l'agence régionale de compter sur des moyens supplémentaires de « plus de 300 millions d'euros ». L'augmentation permettra notamment de financer la construction de nouvelles stations d'épuration, dans la Sarthe et en Vendée notamment, pour limiter par exemple les rejets macropolluants, ou encore la construction d'un bassin de 6 500 mètres carrés à Nantes pour limiter les rejets des eaux pluviales dans les cours d'eau.
Newsletter
Climat & environnement
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.