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ClimatEnergie & Environnement

Prise en défaut sur la sortie des énergies fossiles, la présidence de la COP28 réaffirme sa bonne foi

latribune.fr

Publié le 04 décembre 2023 à 14:36 - Mis à jour le 04 décembre 2023 à 14:53

Ce lundi, Sultan Al Jaber s'est dit « surpris par les tentatives constantes et répétées de saper le travail de la présidence de la COP28 ».

Ce lundi, Sultan Al Jaber s'est dit « surpris par les tentatives constantes et répétées de saper le travail de la présidence de la COP28 ».

Reuters

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Dimanche, le quotidien britannique The Guardian a rapporté des propos tenus par le président de la COP28 affirmant qu'« aucune étude scientifique, aucun scénario, ne dit que la sortie des énergies fossiles nous permettra d'atteindre 1,5°C ». Ce qui n'a pas manqué d'agacer Sultan al-Jaber. La question d'une réduction ou d'une sortie des fossiles est un des sujets les plus tendus de la 28e conférence de l'ONU pour le climat, qui se tient jusqu'au 12 décembre à Dubaï.

« Je suis surpris par les tentatives constantes et répétées de saper le travail de la présidence de la COP28 », s'est ému, ce lundi, le président émirati de la COP28, Sultan Al Jaber. En cause, une question posée lors d'une conférence de presse portant sur une petite phrase qui lui est attribuée. La veille, en effet, le quotidien britannique The Guardian, a rapporté des propos tenus par l'Emirati lors d'un échange en ligne le 21 novembre, avec Mary Robinson, présidente du « groupe des Sages » (de hauts responsables, militants pour la paix et défenseurs des droits humains).

« Aucune étude scientifique, aucun scénario, ne dit que la sortie des énergies fossiles nous permettra d'atteindre 1,5°C. 1,5°C est mon étoile du Nord. Et une réduction et une sortie des énergies fossiles sont, selon moi, inévitables. C'est essentiel. Mais il faut être sérieux et pragmatique », avait-il déclaré.

Agacé qu'on lui remémore ses propos, Sultan Al Jaber a assuré qu'il s'agissait de « la première présidence d'une COP à appeler activement les parties (pays négociant à la COP, ndlr) à proposer des formules sur l'ensemble des énergies fossiles ». Avant de se plaindre que les médias ne s'intéressaient pas à ce fait. Pour rappel, les hydrocarbures fossiles sont responsables des deux tiers des émissions planétaires actuelles.

« Nous sommes ici parce que nous croyons et nous respectons la science », a-t-il martelé lors d'une conférence de presse, à laquelle il avait convié Jim Skea, le président du Giec, le groupe d'experts climatiques mandatés par l'ONU. Et d'ajouter : « Tout le travail de la présidence est focalisé et centré sur la science ».

« La science dit qu'il faut atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et qu'il faut réduire les émissions de 43% d'ici 2030 » pour limiter le réchauffement à +1,5°C, but fixé par l'accord de Paris, a encore rappelé celui qui est également patron de la compagnie pétrolière émiratie Adnoc. « J'ai dit et redit que la réduction et la sortie des énergies fossiles étaient inévitables ».

Une question qui fait encore en débat

Néanmoins, le sort précis qui sera réservé aux hydrocarbures carbonées demeure loin d'être tranché. Car Sultan Al Jaber n'opte ni pour l'une ni pour l'autre de ces deux options qui font justement l'objet de longs et pointilleux débats dans les couloirs et les salles de réunion de la COP28.

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« Sortie » ou « réduction » du pétrole, du gaz et du charbon ? Telle est la question centrale qui anime les débats en cours. D'autant que la présidence de la COP, qui est censée rester neutre, avait jeté le trouble un peu plus tôt en ne mentionnant que le mot « réduction », dans un résumé des débats des premiers jours de la conférence publié ce lundi, où de nombreux dirigeants ont pourtant appelé à mettre fin à l'usage des énergies fossiles.

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COP28 : longtemps oubliées, les énergies fossiles enfin dans la ligne de mire des négociateurs

Les deux options figurent pour l'instant dans la première ébauche du texte majeur dont doit accoucher la conférence d'ici son issue théorique le 12 décembre, sous la forme d'un « bilan mondial » de l'Accord de Paris de 2015. Les parties sont ainsi « appelées » à « accélérer le développement, le déploiement et la diffusion de technologies, ainsi que l'adoption de politiques, pour assurer la transition vers des systèmes énergétiques à faibles émissions ». Notamment « en intensifiant rapidement le déploiement de mesures de production d'énergie propre et d'efficacité énergétique ».

Les pays divisés

D'un côté, les nations insulaires et plusieurs pays d'Amérique latine (Colombie, Pérou, Chili,...) défendent avec force de viser l'objectif de 1,5°C plutôt que 2°C. Et pour cela de sortir au plus vite des énergies fossiles, suivis par l'Union européenne. De l'autre, des pays développés, producteurs d'hydrocarbures (États-Unis, Canada, Australie, Norvège), sont aussi favorables à cette sortie, mais avec moins d'ambition dès la décennie en cours. Quand la plupart des pays africains sont, eux aussi, en faveur d'une sortie des énergies fossiles, mais à condition de bénéficier d'un délai bien plus long que les pays déjà développés.

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Mais c'est bien vers la Chine et surtout l'Arabie saoudite que les partisans de la fin du pétrole, du charbon et du gaz ont tourné leur regard : « Ils poussent le recours aux technologies de captage du carbone dans tous les angles des négociations », raconte un négociateur européen. En effet, la plupart des négociateurs qui appellent à la réduction ou à l'élimination des énergies fossiles, l'Union européenne comprise, proposent que ne soient pas concernés celles dont l'impact aurait été « atténué », c'est-à-dire compensé par des technologies de captage et de stockage du CO2.

L'exemple de la COP26 encore en mémoire

En outre, « les parties profitent de la discussion pour inclure toutes leurs priorités, au risque d'en faire un texte long et indigeste » regrette un autre observateur. Avec en mémoire, l'exemple de la COP26 de Glasgow, en 2021. En effet, si le texte final faisait bien mention de l'énergie fossile la plus polluante de toutes, le charbon, cet ajout avait subi des modifications sémantiques de dernière minute pour amoindrir largement la portée des ambitions.

L'Inde et la Chine, notamment, étaient parvenues sur le fil à atténuer davantage la formulation en « réduction progressive » au lieu d'« élimination progressive », retardant encore le coup de marteau final, et vidant le texte d'une partie de sa substance. De quoi illustrer le long chemin qu'il reste à parcourir pour aboutir au texte final le 12 décembre prochain.

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A la COP28, TotalEnergies signe un accord pour un projet éolien au Kazakhstan

Le PDG de TotalEnergies a signé ce lundi un accord d'investissement avec le Kazakhstan portant sur un projet géant éolien qui permettra d'alimenter en électricité un million d'habitants de ce pays. Ce contrat d'investissement d'1,4 milliard de dollars a été signé avec le ministre de l'Energie du Kazakhstan, Almassadam Satkaliev, en présence du président de ce pays, Kassym-Jomart Tokaïev.

« La signature de cet accord va permettre de lancer le projet Mirny qui participera au triplement de notre production d'électricité de 33 terawatt-heures (TWh) [en 2022, ndlr] à plus de 100 TWh d'ici 2030 », a déclaré Patrick Pouyanné, dont l'entreprise produit aussi de l'électricité à partir de parcs éoliens et solaires et de centrales au gaz. Il a, en outre, précisé que son groupe « soutient » l'appel lancé ce vendredi à Dubaï par 110 pays à tripler les énergies renouvelables d'ici à 2030.

Signé sur le site de la conférence climatique de l'ONU à Dubaï, le projet Mirny prévoit la construction d'un parc éolien terrestre d'une capacité de 1 gigawatt (GW) comprenant 160 éoliennes associées à un système de stockage par batterie de 600 mégawatt-heures (MWh), utilisé en complément pour gérer l'intermittence de cette énergie. Il s'agit du « plus grand projet éolien jamais initié au Kazakhstan », selon TotalEnergies, qui prévoit de multiplier par 5, de 22 GW aujourd'hui à 100 GW en 2030 ses capacités renouvelables installées.

(Avec AFP)

latribune.fr

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