Prix du gaz : pourquoi la situation devient préoccupante en Europe
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Unsplash License - Myko Makhlai
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Simple sursaut sur les marchés ou nouvelle crise en vue ? Après la flambée exceptionnelle des prix de l'énergie, en 2022 et 2023, un calme relatif semblait s'installer sur le Vieux continent. Mais le répit n'était peut-être que de courte durée. Depuis quelques jours, les cours du gaz s'envolent, en même temps que les stocks de ce combustible fossile dans l'Union européenne fondent.
Sur la principale bourse d'échange européenne, appelée TTF (Title Transfer Facility), le prix du gaz s'élève, en effet, à 58 euros par mégawattheure (MWh) ce mardi 11 février, au plus haut depuis février 2023. Soit un niveau éloigné des quelque 130 euros par MWh atteints en moyenne sur l'année 2022. Mais également bien différent du monde d' « avant-crise » : jusqu'en 2020, le TTF oscillait entre 10 et 30 euros par MWh, au maximum.
Or, en parallèle, les réserves de gaz européennes s'amenuisent peu à peu. Selon les données compilées par Gas Infrastructure Europe (GIE), celles-ci sont actuellement remplies à 48,5 %, c'est-à-dire 19 points de moins qu'au même jour l'an dernier. La France affiche le taux de remplissage le plus bas, à 29,85 % contre 53 % un an plus tôt. « La situation n'est pas catastrophique, mais c'est du sérieux », commente l'économiste Jacques Percebois, spécialiste des marchés de l'énergie.
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Et pour cause : l'hiver a été plus rude que prévu, mais cela n'explique pas tout. Les températures, certes fraîches, n'ont pas chuté drastiquement. Selon l'Agence internationale de l'énergie, l'Europe ne consomme d'ailleurs « que » 7 % de gaz en plus par rapport à l'hiver dernier. Un autre mécanisme serait donc à l'œuvre : le manque de moyens pilotables disponibles en-dehors du gaz, et notamment les énergies renouvelables dépendantes de la météo.