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Réchauffement climatique: le seuil de +1,5°C pourrait être franchi dans à peine 7 ans

latribune.fr

Publié le 05 décembre 2023 à 12:00 - Mis à jour le 05 décembre 2023 à 12:00

Le dioxyde de carbone (CO2) est le principal gaz à effet de serre et son accumulation est la principale responsable du réchauffement climatique.

Le dioxyde de carbone (CO2) est le principal gaz à effet de serre et son accumulation est la principale responsable du réchauffement climatique.

REUTERS/Peter Andrews/Files

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Dans leur étude présentée lors de la COP28, les scientifiques du Global Carbon Project jugent comme « inévitable » le fait que le seuil de 1,5°C de réchauffement de la planète soit dépassé « de manière constante sur plusieurs années ». Et il y a une chance sur deux pour que cela arrive dans seulement sept ans. Ils appellent donc les pays à agir, en s'engageant notamment sur des réductions rapides des émissions de combustibles fossiles. Mais des voix s'élèvent déjà contre de telles mesures.

Les émissions de CO2 produites par l'utilisation du charbon, du gaz et du pétrole dans le monde pour se chauffer, s'éclairer ou rouler devraient franchir un nouveau record en 2023. C'est ce qui ressort de l'étude du Global Carbon Project, qui fait figure de référence, présentée à la réunion de l'ONU sur le climat à Dubaï lors de la COP28 ce mardi 5 décembre. Si bien qu'il est « désormais inévitable » pour ces scientifiques que le seuil de 1,5°C de réchauffement climatique soit dépassé « de manière constante sur plusieurs années ». Et il y a une chance sur deux pour que cela arrive dans seulement sept ans, contre encore neuf ans estimé l'an dernier.

« Le temps qui reste entre maintenant et le seuil de +1,5°C degré se réduit à toute vitesse, il faut agir maintenant »,alerte le climatologue britannique Pierre Friedlingstein, qui a supervisé l'étude menée par 150 chercheurs du monde entier.

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Les dirigeants mondiaux s'étaient pourtant fixé comme objectif de ne pas dépasser ce seuil lors de la COP21 en 2015, pour éviter des vagues de chaleur à répétition et des changements profonds, voire irréversibles, infligés à la nature par l'action humaine. Force est de constater que cela pourrait ne pas suffire.

Les combustibles fossiles comme principaux responsables

Dans le détail, l'étude estime que les émissions mondiales totales de dioxyde de carbone (CO2) ajoutées dans l'atmosphère en 2023 atteindront 40,9 milliards de tonnes (gigatonnes de CO2). C'est quatre fois plus qu'en 1960, et la courbe des émissions, au lieu de se réduire, est sur un plateau sur dix ans, soulignent les chercheurs. Pour rappel, il s'agit du principal gaz à effet de serre et son accumulation est la principale responsable du réchauffement climatique.

La déforestation, notamment au Brésil, en République démocratique du Congo et en Indonésie, joue un rôle dans la production du CO2 mais cela reste minime comparé à l'utilisation de combustibles fossiles et du ciment, qui engendre 36,8 

GtCO2

CO2 (+1,1% comparé à 2022). Dans 26 pays représentant 28% des émissions mondiales, s'il y a eu un effort de diminution des émissions liées aux énergies fossiles (-7,4% dans l'Union européenne, -3% aux États-Unis), cela ne suffit pas selon les scientifiques.
« Les mesures visant à réduire les émissions de carbone provenant des combustibles fossiles restent terriblement lentes »,fustige ainsi Pierre Friedlingstein.

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Pollueur n°1, le charbon reste largement utilisé et les émissions qui lui sont liées devraient encore progresser cette année (+1,1%). Son usage a augmenté, notamment en Chine et en Inde mais aussi ailleurs dans le monde. En revanche, il a fortement diminué dans l'Union européenne. Idem aux États-Unis, qui le remplacent néanmoins par du gaz. Même chose avec le pétrole (32% des émissions mondiales contre 41% pour le charbon) dont les émissions devraient augmenter en 2023 (+1,5%) tirées par la Chine et l'Inde, contre une baisse légère ailleurs. Pour le gaz, la tendance est la même (+0,5%), tout comme pour le ciment (+0,8%).

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La sortie des énergies fossiles au cœur de la COP28

La sortie des énergies fossiles est justement l'un des sujets centraux de la COP28. En attendant de savoir si elle fera partie des mesures citées dans le texte officiel final, une version provisoire a été rendue publique ce mardi. Elle synthétise en 24 pages les différentes options poussées par les quelque 200 pays qui négocient fiévreusement à Dubaï. D'une « sortie ordonnée et juste des énergies fossiles » à rien du tout sur le sujet, toutes les options sont sur la table, suggérant de féroces batailles à venir.

Parmi les pour, se tiennent notamment les scientifiques. « Les dirigeants réunis à la COP28 devront se mettre d'accord sur des réductions rapides des émissions de combustibles fossiles, même pour maintenir l'objectif de 2°C », estime Pierre Friedlingstein, spécialiste du carbone.

De l'autre côté, se tiennent de grandes figures politiques comme le ministre saoudien de l'Énergie s'est notamment dit « absolument » opposé à un accord portant sur une réduction des énergies fossiles, montrant à quel point les camps traditionnels maintiennent leurs positions.

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Chine, États-Unis et Inde dans le top 3 des plus gros émetteurs de CO2

Dans ce camps, se retrouvent évidemment les pays à l'empreinte carbone la plus forte comme la Chine et les États-Unis, plus gros émetteurs de CO2 dans le monde. En troisième place, l'Inde, grande utilisatrice de centrales à charbon pour répondre à l'essor de la demande d'électricité. Ses émissions devraient d'ailleurs augmenter de plus de 8% cette année par rapport à 2022, davantage qu'en Chine (+4%).

Rapportées au nombre d'habitants - l'Inde est devenue cette année le pays le plus peuplé du monde, avec 1,425 milliard d'habitants - les émissions indiennes sont cependant sept fois moins élevées que celles des Américains, et trois fois moins que celle des Européens, indique l'étude du Global Carbon Project.

« Si tout le monde se met à émettre autant qu'un Américain, on ne va pas s'en sortir »et on ira« vers 4°C de réchauffement »,estime le physicien français Philippe Ciais.

2024 se profile déjà comme une année noire pour le réchauffement climatique, avec la montée en puissance du phénomène climatique El Niño au-dessus du Pacifique qui risque de faire souffrir la végétation, dont l'humanité a besoin pour absorber une partie des émissions de carbone.

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Vers un réchauffement de 2,5˚C à la fin du siècle

Selon une autre étude publiée ce mardi, celle de Climate Action Tracker, les engagements climatiques pris par les pays à travers le monde mèneront à un réchauffement de 2,5˚C à la fin du siècle.

« En dépit de leurs promesses, les gouvernements n'ont pas assez agi pour réduire le réchauffement projeté pour l'avenir, certains se tournant plutôt vers des fausses solutions comme le captage et le stockage de carbone pour perpétuer la dépendance mondiale aux énergies fossiles »,

 regrette l'organisation.

(Avec AFP)

latribune.fr

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