DÉCRYPTAGE - Selon le gouvernement, la refonte du marché de l'électricité en France sera plus protectrice pour les consommateurs que le mécanisme actuel lorsque les prix de marché seront très bas ou très hauts. Mais les zones d’ombre sont encore très nombreuses.Le débat autour de l'impact sur le pouvoir d'achat du futur mécanisme de régulation de l'électricité est bien loin d'être fini. Il est d'ailleurs revenu sur le devant de la scène cette semaine avec la publication d'une étude publiée par l'UFC Que Choisir. Laquelle pointait le risque d'une flambée de la facture d'électricité dès l'année prochaine.
Si la méthode de calcul de l'association a été critiquée, aussi bien par Bercy que par les experts, dont plusieurs s'attendent à un niveau de prix inchangé, l'étude met, en revanche, en lumière un fait incontestable : le grand flou demeure sur les contours du prochain système de régulation et ses réelles conséquences sur le porte-monnaie des consommateurs.
Alors que l'exécutif vantait, fin 2023, un mécanisme plus protecteur pour le pouvoir d'achat, notamment en cas de nouvelle crise énergétique, « aujourd'hui on ne peut en aucun cas l'affirmer », rétorque Nicolas Goldberg, expert en énergie chez Colombus Consulting.
Pour comprendre les enjeux de la réforme à venir, il faut revenir sur le fonctionnement actuel du marché de l'électricité dans l'Hexagone. Depuis 2011, un mécanisme à l'acronyme barbare (l'Arenh pour Accès régulé à l'électricité nucléaire historique) contraint EDF à vendre une partie de sa production (100 térawattheures) à 42 euros du mégawattheure, soit un tarif bien en deçà de ses coûts de production. Le montant de l'Arenh est également pris en compte par le régulateur de l'énergie pour établir le tarif réglementé de ventes (TRV), souscrit par plus de 20 millions de Français.
Une logique « tout marché » ou presque