Électricité : la France n'a jamais autant exporté depuis 2002
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EDF avait rehaussé ses prévisions de production nucléaire pour 2024 en septembre, avant une nouvelle révision à la hausse le 11 décembre.
SARAH MEYSSONNIER
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EDF avait rehaussé ses prévisions de production nucléaire pour 2024 en septembre, avant une nouvelle révision à la hausse le 11 décembre.
SARAH MEYSSONNIER
La France n'avait pas exporté autant d'électricité depuis plus de vingt ans. « 89 TWh (térawatts-heures, NDLR) : c'est la valeur exceptionnelle des exports nets d'électricité de la France vers ses voisins en 2024. Le vieux record de 2002 est battu », a annoncé Thomas Veyrenc, directeur général Économie, Stratégie et Finances du gestionnaire RTE, sur LinkedIn ce jeudi 2 janvier. Pour mémoire, en 2002, le solde exportateur s'était établi à 76,9 TWh.
La France avait déjà battu un record d'exportation d'électricité sur une journée, le 13 novembre dernier. Ce nouveau record, après un solde de 50,1 TWh en 2023, confirme le redressement de la production d'électricité en France, en particulier la production nucléaire d'EDF. Cette dernière avait été pénalisée ces dernières années par de nombreuses opérations de maintenance de réacteurs en lien avec des problèmes de corrosion.
En 2022, la production nucléaire d'EDF avait chuté à 279 TWh, son plus bas niveau depuis 30 ans. La France avait d'ailleurs été importatrice nette d'électricité sur presque l'ensemble de l'année, une première depuis 42 ans. Depuis, le nucléaire français a repris des couleurs. EDF avait rehaussé ses prévisions de production nucléaire pour 2024 en septembre, avant une nouvelle révision à la hausse le 11 décembre, la faisant passer d'une fourchette de 340-360 TWh à 358-364 TWh, sans compter l'EPR de Flamanville, raccordé au réseau le 21 décembre.
Les exportations françaises d'électricité en 2024 ont concerné l'ensemble des pays frontaliers, selon le représentant de RTE : l'Allemagne et la Belgique (avec un solde positif de 27,2 TWh), l'Italie (+22,3 TWh), le Royaume-Uni (+21 TWh), la Suisse (+16,7 TWh) ainsi que l'Espagne, dans une moindre proportion (+2,8 TWh).
Ce record a toutefois été rendu possible par le fait que « la consommation d'électricité française demeure faible », ce qui est « plus problématique », relève Thomas Veyrenc. « Les transferts d'usage des énergies fossiles vers l'électricité ne sont pas enclenchés au niveau requis pour décarboner en profondeur », relève-t-il.
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« La consommation 2024 est toujours en retrait par rapport à la moyenne des années 2014-2019 », années de référence avant Covid et avant crise énergétique, avait expliqué Thomas Veyrenc en novembre dernier. « On est toujours sur de l'ordre de 6% en dessous de ces valeurs-là », avait-il ajouté.
Pour rappel, la consommation avait nettement baissé à partir de l'automne 2022 sous l'effet de la flambée des prix de l'énergie et des appels à la vigilance. La menace de coupures d'électricité était alors d'autant plus forte que de nombreux réacteurs nucléaires étaient à l'arrêt en raison des problèmes de corrosion.
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RTE rapportait par ailleurs en novembre que si la consommation d'électricité demeurait à un « niveau bas », elle avait cessé de diminuer, contrairement aux années précédentes. « Elle semble avoir atteint un palier à partir duquel elle s'infléchirait progressivement à la hausse au cours des prochaines années », indiquait le gestionnaire.
(Avec AFP)
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