Uranium : l'Etat abonde le capital d'Orano de 300 millions d'euros
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Cette annonce intervient au lendemain de la décision d'Orano de « suspendre » sa production au Niger, à partir du 31 octobre.
STEPHANE MAHE
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Cette annonce intervient au lendemain de la décision d'Orano de « suspendre » sa production au Niger, à partir du 31 octobre.
STEPHANE MAHE
L'Etat français apporte de l'argent frais à son spécialiste de l'uranium Orano. Ce jeudi, les deux entités ont annoncé souscrire entièrement à une augmentation de capital de 300 millions d'euros sur fond de relance du nucléaire français.
Cette augmentation de capital « a été entièrement souscrite et libérée par versement en numéraire par l'Etat français », a confirmé Orano dans un communiqué. D'un montant total de 299.999.952 euros, l'enveloppe induit la création et l'émission de 9.146.340 actions ordinaires nouvelles (d'une valeur nominale de 0,50 euro chacune), et une prime d'émission d'un montant de 32,30 euros par action.
A noter : cette opération fait monter la part de l'Etat dans le capital « à hauteur de 90,33% ». Les actionnaires japonais Japan Nuclear Fuel Limited et Mitsubishi Heavy Industries Ltd, qui détenaient chacun 5% du capital, voient leur part passer à 4,83% chacun.
« Cette opération démontre la volonté de l'Etat actionnaire de contribuer à l'exécution du plan stratégique d'Orano et à son développement », a déclaré Orano. « Cet investissement de l'Etat (...) confirme la volonté de la France de renforcer et de diversifier sa filière nucléaire pour garantir à nos concitoyens et à nos partenaires une énergie souveraine, durable et décarbonée », a renchéri Bercy dans un communiqué distinct.
« Le produit de l'augmentation de capital contribuera au financement de grands projets de croissance dans les activités nucléaires », a précisé à l'AFP le spécialiste du combustible nucléaire, évoquant notamment l'extension de son usine d'enrichissement d'uranium Georges-Besse II au Tricastin, dans le sud de la France, qui doit lui permettre d'augmenter d'un tiers ses capacités.
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Ce projet vise à prendre des parts de marché au géant du secteur, le russe Rosatom. L'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022 a mis en évidence une volonté dans des pays occidentaux, comme les Etats-Unis, de moins dépendre de Rosatom pour l'uranium des centrales nucléaires.
Pour rappel, le marché de l'uranium compte seulement quatre acteurs « enrichisseurs » dans le monde: Rosatom (43%), premier exportateur, le groupement européen Urenco (31%), le chinois CNNC (uniquement pour son marché intérieur), et Orano (12%), qui traite de l'uranium naturel en provenance du Canada et du Kazakhstan.
Cette annonce intervient au lendemain de la décision d'Orano de « suspendre » sa production au Niger, à partir du 31 octobre, « faute de pouvoir continuer à travailler » et à exporter son concentré d'uranium, n'ayant pu trouver un terrain d'entente avec le régime militaire arrivé au pouvoir en juillet 2023.
Le pouvoir nigérien a maintes fois répété vouloir revoir en profondeur le système d'exploitation des matières premières sur leur sol par des compagnies étrangères. « Malgré tous les efforts déployés » auprès du régime militaire « pour essayer de débloquer la situation » et obtenir des autorisations d'exportation, « toutes nos propositions sont restées sans réponse », a expliqué la porte-parole d'Orano hier.
Le groupe français exploite depuis 1971 de l'uranium dans le nord du Niger. Seul le site de la Somaïr - le nom de sa société locale d'uranium - était encore actif, depuis la fermeture de la Compagnie des mines d'Akokan (Cominak), en 2021.
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Ces dernières années, l'Etat est monté à plusieurs reprises au capital d'entreprises afin de protéger certains actifs stratégiques. Le cas le plus récent est sa prise de participation dans Opella, la filiale grand public de Sanofi, vendue au fonds américain CD&R. En 2012, il est devenu le deuxième actionnaire de l'entreprise minière d'Eramet. Autre dossier emblématique : la nationalisation des chantiers navals STX de Saint-Nazaire en 2017.
En juin 2024, Bercy a signé une promesse d'achat, afin d'acquérir 80% d'Alcatel Submarine Networks (ASN), la filiale de câbles sous-marins de télécommunications de Nokia. Le même mois, l'Etat a aussi proposé une enveloppe de 700 millions d'euros pour conserver, entre autres, les supercalculateurs du groupe informatique tricolore Atos, actuellement en cours de cession.
(Avec AFP)
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