Autorité de sûreté nucléaire : Pierre-Marie Abadie confirmé
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L'ASN sera remplacée par l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) à partir du 1er janvier 2025.
CHARLES PLATIAU
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L'ASN sera remplacée par l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) à partir du 1er janvier 2025.
CHARLES PLATIAU
Pierre-Marie Abadie est plébiscité par les parlementaires pour prendre la tête de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). L'actuel DG de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a recueilli 44 voix en faveur de sa nomination et 17 voix contre sur 61 suffrages exprimés.
Son nom avait été proposé en mai par l'Elysée pour présider l'Autorité de sûreté nucléaire, puis la future Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR). Pour rappel, cette dernière désigne l'autorité unique qui remplacera l'ASN à partir du 1er janvier 2025. Pierre-Marie Abadie va remplacer Bernard Doroszczuk, dont le mandat s'achève le 12 novembre.
À la tête de l'Andra depuis octobre 2014, Pierre-Marie Abadie y a notamment eu pour mission de porter Cigeo, projet d'enfouissement profond des déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français. Ce projet, contesté, fait l'objet de tests et recherche dans un laboratoire souterrain à Bure dans la Meuse. Sa demande formelle d'autorisation de création a été déposée en janvier 2023 auprès de l'ASN. Elle doit conduire sur plusieurs années une longue phase d'instruction.
À la tête de l'ASN, Pierre-Marie Abadie devra s'atteler aux dernières étapes du processus de création au 1er janvier de l'ASNR. L'autorité sera issue de la fusion contestée entre le gendarme des centrales nucléaires, et l'IRSN, l'institut expert du secteur. Pour rappel, les deux organisations sont nées au début des années 2000 des leçons de l'accident de Tchernobyl.
La création en janvier 2025 de l'ASNR a été approuvée au Parlement début avril au terme d'une bataille parlementaire et d'une vive opposition tant des syndicats que d'associations. Ils redoutent en effet de voir reculer l'information du public et la séparation entre expertise et décision. La loi, qui vise à « fluidifier » les décisions pour relancer le nucléaire, a été promulguée le 22 mai.
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Entendu le 24 septembre, le président en exercice de l'ASN Bernard Doroszczuk a toutefois prévenu que le calendrier de l'entrée en vigueur de la nouvelle organisation était « tendu ».
« Compte tenu du délai limité entre la promulgation de la loi », le 21 mai 2024 « et la création de l'ASNR, le projet d'organisation transitoire privilégie une stabilité fonctionnelle et géographique permettant d'assurer la continuité de l'activité », a-t-il expliqué. « Seulement une trentaine de personnes à l'échelle de l'ASNR, qui en comportera plus de 2.000, verraient leurs postes à reconfigurer », a-t-il relativisé.
Les instances représentatives du personnel de l'IRSN et de l'ASN ont toutes deux émis un avis défavorable à ce projet de réorganisation, mais pour des raisons différentes. Celles de l'IRSN ont demandé un report de la réforme : elles jugent les délais trop courts pour une entrée en vigueur au 1er janvier. Celles de l'ASN ont estimé que le projet présenté n'était pas assez ambitieux. Le collège de l'ASN a prévu « d'auditionner les directions générales des deux entités la semaine prochaine avant de prendre position au tout début octobre sur les suites à donner », avait-il conclu.
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Devant l'Assemblée nationale puis au Sénat, Pierre-Marie Abadie a pour sa part défendu le principe et le calendrier de la réorganisation de la gouvernance de la sûreté nucléaire et écarté toute accusation de conflit d'intérêts du fait de ses fonctions actuelles à l'Andra.
(Avec AFP)
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