Ces entreprises stratégiques desquelles l'Etat est devenu actionnaire

En 2012, l'Etat avait racheté des parts d'Areva dans l'entreprise minière française Eramet (Photo d'illustration).
GONZALO FUENTES

En 2012, l'Etat avait racheté des parts d'Areva dans l'entreprise minière française Eramet (Photo d'illustration).
GONZALO FUENTES
Le Doliprane passe finalement sous le giron du fonds d'investissement américain CD&R, a confirmé lundi Sanofi. Le groupe a choisi de lui céder 50% de sa filiale Opella, qui produit le médicament à base de paracétamol. Et pour ne pas qu'elle tombe complètement dans l'escarcelle du fonds américain, l'Etat français a décidé d'intervenir, au travers de sa banque publique d'investissement. Bpifrance va ainsi participer au capital de l'entreprise à hauteur de 1 à 2%.
Le cas d'Opella n'est pas inédit. L'Etat est, en effet, monté au capital d'entreprises à plusieurs reprises ces dernières années pour ce même motif. A l'image de l'entreprise minière française, Eramet. En 2012, le groupe Areva, alors actionnaire, a souhaité vendre 26% de sa participation. L'Etat est, lui, le deuxième actionnaire d'Eramet. Pour éviter qu'une partie de la pépite française passe sous le giron d'acteurs étrangers, le Fonds stratégique d'investissement (FSI), une filiale de Bpifrance, a racheté les parts d'Areva. Ce qui lui a permis, in fine, de protéger l'entreprise et ses activités stratégiques.
Autre dossier emblématique : la nationalisation des chantiers navals STX de Saint-Nazaire en 2017. L'Etat avait alors annoncé acquérir temporairement l'ensemble du capital de la société STX pour 80 millions d'euros. Le but de cette opération ? Eviter que la société ne tombe sous le contrôle du groupe Fincantieri. L'italien souhaitait reprendre plus de 50% du capital de STX, alors en grandes difficultés financières.
Plus récemment, Bercy a également signé une promesse d'achat en juin 2024, afin d'acquérir 80% d'Alcatel Submarine Networks (ASN), la filiale de câbles sous-marins de télécommunications de Nokia. Une activité considérée comme stratégique, les câbles représentant près de 99% des communications numériques mondiales.
A l'avenir, l'Etat français compte aussi intervenir dans le dossier Atos. L'ex-fleuron français de la tech, en grandes difficultés financières, est passé entre les mains des créanciers et des banques qui se sont entendus pour reprendre eux-mêmes l'entreprise. Mais avant cette reprise, le gouvernement s'était inquiété de voir filer les activités souveraines dans des mains d'acteurs étrangers. Il avait alors proposé en juin une enveloppe de 700 millions d'euros pour conserver les supercalculateurs utilisés à des fins de dissuasion nucléaire, les produits de cybersécurité ou encore les contrats avec l'armée française. Bien que ce rachat n'ait toujours pas eu lieu, les négociations ont néanmoins été prolongées, a annoncé Bercy début octobre.
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Outre les entreprises considérées comme stratégiques, l'Etat peut devenir actionnaire pour venir secourir des sociétés en difficultés, qui peuvent représenter un « risque systémique » en cas de faillite, précise Bercy. Cela a été le cas en 2014 lorsqu'il a pris 14,1% de parts dans le groupe PSA (Peugeot) pour un montant de 750 millions d'euros. En grandes difficultés financières, le constructeur automobile avait alors cumulé un peu plus de 7 milliards d'euros de pertes en 2012 et 2013. L'Etat est par la suite sorti du capital en cédant sa participation à Bpifrance en 2017.
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Même scénario avec Alstom. En 2014, l'Etat a pris le contrôle provisoire de 20% de la multinationale française spécialisée dans le transport. Les titres lui avaient été prêtés par Bouygues. L'entreprise enregistrait de lourdes pertes, notamment sur sa branche énergie et l'américain General Electric avait alors racheté les activités énergétiques de la société. Une raison de plus pour le gouvernement de monter au capital de l'entreprise. Néanmoins en 2017, l'Etat, qui pouvait racheter les titres du groupe, a finalement décidé de les restituer à Bouygues en raison de la fusion du groupe avec l'allemand Siemens.