Uranium : Orano signe un accord avec la Mongolie
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Orano Mining est présent depuis 25 ans en Mongolie via les activités minières d'Areva que le groupe a repris.
JEAN-PAUL PELISSIER
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Orano Mining est présent depuis 25 ans en Mongolie via les activités minières d'Areva que le groupe a repris.
JEAN-PAUL PELISSIER
Nouvel accord minier pour le groupe public français Orano (ex-Areva). Il a signé ce vendredi à Oulan-Bator avec la Mongolie pour pouvoir exploiter une vaste mine d'uranium. Un investissement présenté par Paris comme important pour l'approvisionnement des centrales françaises.
L'accord a été signé par le ministre français délégué chargé du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, et par le directeur général d'Orano, Nicolas Maes. « Nous signons un accord historique qui donne à notre relation une profondeur et une densité nouvelle. Historique par son ampleur, par sa portée stratégique pour nos deux pays », s'est félicité le ministre français délégué chargé du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin. « En contribuant à sécuriser nos approvisionnements énergétiques, cet accord contribuera tout simplement à une meilleure souveraineté de la France », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de signature à Oulan-Bator, la capitale mongole.
Ce projet franco-mongol est développé depuis plusieurs années par Badrakh Energy, la co-entreprise entre Orano et l'entreprise publique mongole MonAtom. Et cette signature, qui concrétise la bonne santé des liens bilatéraux, se faisait attendre depuis octobre 2023. À cette époque, le protocole d'accord sur l'exploitation de ce site avait été paraphé en France lors d'une visite d'État du président mongol Ukhnaa Khurelsukh. Les discussions ont, en effet, débuté entre Orano et le gouvernement mongol il y a plus de deux ans.
« Ce projet représente un investissement initial d'environ 500 millions de dollars avant le début de mise en exploitation du gisement, et un total de 1,6 milliard de dollars sur toute la durée de vie de la mine », a indiqué le groupe français. Le développement du projet durera quatre ans avant la mise en production de la mine, a-t-il souligné dans un communiqué transmis à l'AFP.
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La Mongolie, vaste pays enclavé entre la Chine et la Russie, a misé sur les richesses de son sous-sol pour diversifier et stimuler son économie historiquement basée sur l'agriculture. Outre le cuivre, la Mongolie est un grand exportateur de minerai de fer mais aussi de charbon. « Ce projet d'uranium va rapporter environ cinq milliards de dollars à la Mongolie et au peuple mongol », a déclaré vendredi son Premier ministre Luvsannamsrain Oyun-Erdene.
De son côté, Orano Mining est présent depuis 25 ans en Mongolie via les activités minières d'Areva que le groupe a repris. Areva avait accepté début décembre de payer une amende de 4,8 millions d'euros contre l'abandon des poursuites à Paris pour corruption d'agents publics étrangers en Mongolie entre 2013 et 2017. Orano Mining a accepté, dans le cadre de cette procédure, de prendre en charge un programme de mise en conformité de 1,5 million d'euros maximum pendant trois ans sous le contrôle de l'Agence française anticorruption (Afa).
D'après Orano, ce gisement d'uranium de Zuuvch-Ovoo, découvert par les géologues de l'entreprise dans le sud-ouest de la Mongolie, est « majeur ». Il possède environ 90.000 tonnes de ressources et devrait être exploité sur trois décennies. Selon les estimations, la production de ce futur site devrait être d'environ 2.500 tonnes par an, soit environ un quart de la consommation annuelle du parc nucléaire français.
Pour la France, assurer la fourniture en uranium des centrales françaises par une entreprise nationale, Orano, détenue à 90% par l'État, est crucial car elle permet de sécuriser les approvisionnements. En 2023, le nucléaire a représenté 65% de la production française d'électricité, selon RTE, le gestionnaire du réseau national de transport d'électricité. Point important toutefois : l'uranium extrait ne sera pas uniquement dirigé vers la France, Orano ayant d'autres clients qu'EDF (l'exploitant des centrales françaises).
Et d'après le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie paru jeudi, l'électricité d'origine nucléaire va atteindre un niveau record en 2025, représentant un peu moins de 10% de la production mondiale. Son centre géographique est notamment en train de basculer vers la Chine au détriment de vieux pays nucléaires comme les États-Unis ou la France. En 2023, plus de 410 réacteurs étaient en activité dans plus de 30 pays.
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Par ailleurs, en 2022, Orano a produit 7.500 tonnes d'uranium issu de ses sites au Canada, au Kazakhstan et au Niger. Dans ce dernier pays, aux mains de putschistes depuis fin juillet, sa filiale de la Somaïr a dû cesser sa production de concentré d'uranium.
(Avec AFP)
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