Le Réseau Action Climat et France Nature Environnement en doutent. Le rapport qu’ils publient ce mardi 16 juillet pointe le flou des plans de décarbonation, le choix de la technologie au détriment de la sobriété et une absence de réflexion sur l’emploi. Les ONG réclament une éco-conditionnalité des aides d’État.Avec une division par deux de ses émissions de gaz à effet de serre depuis 1990, l'industrie française, troisième secteur le plus émetteur (17,5% des émissions nationales), fait nettement mieux que les secteurs du bâtiment et du transport qui la précèdent. Et cette baisse se poursuit, puisqu'elle a atteint -7,8% entre 2022 et 2023.
Mais, pour le Réseau Action Climat (RAC) et France Nature Environnement (FNE), qui publient ce mardi leur deuxième rapport annuel sur le sujet, cela est loin d'être suffisant. Les ONG ont analysé les contrats de transition écologique rendus publics en décembre dernier, qui synthétisent les plans de décarbonation des 50 sites industriels français les plus émetteurs de gaz à effet de serre (hors raffineries). Ces contrats sont le résultat des travaux menés avec l'État pour identifier des trajectoires de décarbonation et les investissements nécessaires pour y parvenir. Ils ne sont toutefois pas contraignants et les leviers programmés par les entreprises pour atteindre les objectifs fixés manquent de précision.
Appartenant aux secteurs de la chimie, la métallurgie, les matériaux de construction et l'agroalimentaire, propriétés d'ArcelorMittal, TotalEnergies, Saint-Gobain, Lafarge, Solvay ou encore Cristal Union, ces 50 sites pèsent à eux seuls 7,3% des émissions nationales.
Reçus à l'Élysée en novembre 2022, leurs représentants s'étaient engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'au moins 45% d'ici 2030, avec l'aide de subventions de l'État.
Une baisse en trompe-l'oeil
Le RAC et FNE soulignent que cette baisse récente reste limitée comparée à celle de 36,5% en 2030 (par rapport à 1990) nécessaire pour coller au paquet européen « Fit-for-55 », qui vise une réduction des émissions de -55% à cet horizon. Mais surtout, elle repose essentiellement sur le ciment (-7%) et l'acier (-14%). Une performance que les auteurs du rapport attribuent plus à une chute de l'activité dans le bâtiment et à des efforts d'efficacité conjoncturels imposés par la hausse des coûts de l'énergie et des taux d'intérêt qu'à de réels efforts de décarbonation.