COP16 : Qu'attendre des crédits biodiversité ?
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Les entreprises pourraient bientôt acquérir des crédits biodiversité pour leurs démarches de restauration du vivant.
Neosylva
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Les entreprises pourraient bientôt acquérir des crédits biodiversité pour leurs démarches de restauration du vivant.
Neosylva
En décembre 2022, la COP15 de Kunming-Montréal avait constitué un tournant en parvenant à faire adopter un cadre mondial. Le Global Biodiversity Framework (GBF), qui vise à stopper et inverser la perte de biodiversité et comporte plusieurs cibles mondiales à atteindre à l'horizon 2030 et au-delà, est l'équivalent de l'accord de Paris pour le Climat.
En termes de moyens, outre les 400 millions de dollars de promesses des États, dont seulement la moitié a été versée, il s'agit de mobiliser des fonds privés pour restaurer les services écosystémiques nécessaires à l'habitabilité de la planète, et même au fonctionnement de l'économie. Comme l'a rappelé la dernière édition du rapport Planète vivante du WWF, 73% des populations de vertébrés ont disparu ces cinquante dernières années. Or, le World Economic Forum a calculé que plus de la moitié du PIB mondial repose sur la biodiversité. La Banque centrale européenne elle-même a publié récemment un rapport alertant sur la dépendance de 72% des entreprises européennes aux services écosystémiques : pollinisation, nourriture, matières premières et matériaux, eau douce, ressources médicinales, purification de l'air, protection contre les événements climatiques extrêmes, inondations, érosion ou incendies, régulation du climat, etc. Pour la BCE, cela fait peser un risque sur le système financier européen dans son ensemble.
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Conférences des Parties de mise en œuvre de la COP15 en termes de financement, de reporting et d'engagements, la COP16 qui s'ouvre ce 21 octobre à Cali (Colombie) devra notamment préciser quels mécanismes financiers actionner. Les « crédits biodiversité », mentionnés dans l'accord de Kunming-Montréal, que d'aucuns préfèrent appeler « certificats biodiversité », ont beaucoup défrayé la chronique depuis deux ans. S'ils intéressent les entreprises désireuses de valoriser leurs démarches en faveur de la biodiversité, ils suscitent aussi une certaine méfiance. En cause : le précédent des crédits carbone, qui n'ont pas toujours fait la preuve de leur vertu ni de leur efficacité. « Les standards (qui certifient la qualité des crédits, ndlr) ont beaucoup appris de l'expérience des crédits carbone en termes de conception, de certification et de communication », affirme Fabien Hassan, associé au BCG, et expert des sujets nature et biodiversité. Avant d'ajouter : « Il y a un équilibre très difficile à trouver entre exigences légitimes de qualité et risque de limiter encore plus la taille du marché. »