Le 21 octobre prochain débutera à Cali (Colombie) la 16e Convention des Parties (COP16) de la Convention sur la diversité biologique, tandis que la COP sur le climat, qui se tiendra quelques semaines plus tard à Bakou (Azerbaïdjan), sera la 29e du genre. Ce décalage illustre le retard du sujet biodiversité sur celui du climat, aussi bien dans l'opinion publique qu'à l'agenda des pouvoirs publics ou au sein des entreprises. Mais ce désintérêt semble aujourd'hui appartenir au passé.
Dès 2010, l'économiste indien Pavan Sukhdev avait consacré un rapport au prix des services écosystémiques rendus par la nature sous forme de nourriture, de matières premières et matériaux, d'eau douce, de ressources médicinales, purification de l'air, protection contre les événements climatiques extrêmes, inondations, érosion ou incendies, ou encore régulation du climat. Et pour cause, les deux sujets sont intrinsèquement liés. Le dérèglement climatique nuit aux espèces animales comme végétales, auxquelles toutes ne pourront s'adapter. À son tour, l'érosion de la biodiversité dégrade les capacités d'absorption des puits de carbone naturels que sont les forêts.
Plus récemment, le Forum économique mondial a estimé que 50% de l'économie mondiale dépendait, plus ou moins directement, de la biodiversité. Un constat qui résonne avec les expériences de plus en plus fréquentes d'entreprises confrontées à des disruptions dans leurs chaînes de valeur, des envolées des prix liées à des baisses de rendements, des restrictions règlementaires pour l'accès à l'eau, etc.