Le World Economic Forum relaie deux rapports qui mettent en évidence le coût de l’inaction face au changement climatique, mais aussi le potentiel des technologies vertes et des solutions d’adaptation.La thèse n'est pas nouvelle, même si elle semble quelque peu à contre-courant dans l'atmosphère actuelle de « backlash » entourant les sujets environnementaux. Mais, pour démontrer la nécessité pour les entreprises de s'adapter au changement climatique, le World Economic Forum a pioché dans deux rapports différents, coordonnés par Accenture et le BCG, des chiffres particulièrement éloquents.
Les entreprises qui ne se prépareraient pas, à la fois à un monde à +3°C et à un vaste mouvement de décarbonation, qui ne veilleraient pas à un juste équilibre entre profits de court terme et allocation de capitaux de long terme pour améliorer leur résilience dans la durée, pourraient enregistrer jusqu'à 7% de baisse de leurs revenus annuels. Soit près de 50% de celles subies lors du Covid-19. Télécoms, énergie et services à l'environnement sont les secteurs les plus à risque selon l'enquête.
Taxe carbone, destructions matérielles et risques de transition
A elle seule, la tarification du carbone pourrait représenter la moitié de ces pertes en 2030. Les risques matériels (dommages ou destruction d'actifs, perturbation de chaînes d'approvisionnement, difficultés d'approvisionnement en matières premières...), quant à eux, peuvent représenter jusqu'à un quart de l'Ebitda annuel, un coût qui pourrait se répéter ces 20 prochaines années, et dans une proportion d'autant plus élevée dans les secteurs reposant fortement sur des infrastructures. Dans leur ensemble, les entreprises, dont nombre d'entre elles y ont été directement confrontées ces dernières années, ont pris conscience de ces risques. Mais, d'après les auteurs des rapports, elles en sous-estiment encore largement le coût et restent trop mal préparées.
Moins évidents de prime abord, les risques de transition sont également importants, qu'ils soient de nature réglementaire suite à une mauvaise anticipation des normes et autres lois, ou qu'ils se manifestent par une baisse de la demande dans des secteurs qui n'ont plus le vent en poupe suite à des bascules d'opinion pour des raisons écologiques, ou encore par une désaffection des marchés financiers pour des modèles trop carbonés. Globalement, jusqu'à 70% de la demande pourrait ainsi se trouver exposée à un risque de transition.